Polémique – Blanche Neige et la culture du viol

  • par

Une fois n’est pas coutume, cet article sera assez court et purement en réaction à une polémique inutile initiée par la Cancel Culture -mon article sur ce mouvement- américaine et qui fait écho jusqu’en France à travers les caricatures de @Cocoboer (dessinatrice Charlie Hebdo et Libération) parues dans le journal Libération, pourtant bien ancré à gauche.

La polémique de la culture du viol

Pour comprendre, retraçons le début de cette polémique. Fin avril aux USA et grâce à une campagne de vaccination massive, même le parc à thème de Disneyworld a pu rouvrir ses portes ! Mais l’émerveillement d’un tel regain de liberté peut vite se confronter au mur de la réalité : certains veulent les restreindre. Deux critiques américaines d’un journal en ligne très suivi du côté de San Francisco ont écrit une critique à la suite d’une attraction du parc à thème d’Anaheim. Cette dernière, profitant du confinement, a connu un petit lifting et c’est ce qui a lancé cette polémique dans laquelle se sont bien sûr lancés les « wokistes » (ceux qui se sentent éveillés et s’indignent de tout, légitimement) comme seule la Cancel Culture peut le faire sur les réseaux sociaux.

Disney pensant bien faire, a rajouté à la fin d’une attraction dédiée à la mythique Blanche Neige la fameuse scène du baiser où « Prince » (il n’a pas de prénom le pauvre) réveille de son sommeil de sang glacé la jeune princesse. Les deux critiques Outre-Atlantique du San Francisco Gate n’ont rien trouvé de mieux que d’écrire qu’il était question de l’absence de consentement et que si la scène du film est très bien réalisée, elle ne devait pas être une leçon de vie. Un conte de fée qui serait vu comme une leçon de vie, sont-elles sérieuses ?

Quoi qu’il en soit, la polémique enfle, Fox News (chaîne conservatrice que je n’apprécie pas) estime que Blanche Neige est la cible de la Cancel Culture. C’est vrai que les mots sont forts dans cette critique qui exprime même l’idée qu’une autre fin serait souhaitable de la part de Disney pour gommer cette exemple de la culture du viol. Il n’en fallait pas plus pour qu’une déferlante de postures militantes inonde le web, sachant que le catalogue Disney est déjà bien ciblé par la Cancel Culture. Peter Pan, les Artistochats ou encore Dumbo ont fait l’objet d’un contrôle parental sur Disney+ au motif de scènes jugées racistes.

En Europe, et plus particulièrement en France, la polémique arrive aussi, les réseaux sociaux aidant bien à la propagation des « shitstorms ». Libération et plus particulièrement Coco, dessinatrice de presse et caricaturiste reconnue, vont être la cible de la Cancel Culture à la française. Le délit ? Faire l’apologie de la culture du viol à travers ce dessin :

Dessin paru dans Libération – par Coco

Il n’en fallait pas plus pour enflammer la toile française. « Elle a couché avec 7 nains alors elle doit consentir obligatoirement à ce baiser – à vomir », ainsi peut-on résumer l’objet du délit.

L’alternative par Coco

Et encore, l’alternative qui a failli paraître en une était bien plus trash ! (ci-contre à droite)

Qu’a donc voulu exprimer Coco à travers ce dessin paru dans Libé ? Peut-on sérieusement penser qu’une artiste journalistique comme elle (féministe et ouvertement de gauche) ait voulu faire l’apologie de la culture du viol ?

Analysons ce dessin. Il montre un Prince terriblement mal à l’aise à l’idée de d’embrasser Blanche Neige et demande son consentement en étant comme dans le film au-dessus d’elle. Blanche Neige lui répond, elle ne dort pas visiblement, la bulle dans la codification des dessins n’est pas « nuageuse » (pour la pensée) mais standard (pour la parole). Ce ne sont donc pas des paroles restées dans sa tête. La princesse pas si endormie que ça l’enjoint à l’embrasser et lui montre avec humour qu’elle n’est pas si pudique.

Comme on peut le voir à travers l’article sur Hitek qui liste certains tweets ciblant Coco pour ce dessin, c’est bien la phrase de Blanche Neige qui pose problème. Bien plus que le Prince qui lui est totalement pétrifié à l’idée d’aller potentiellement outre le consentement de sa dulcinée. Le consentement donné aux nains n’est pas reconduit de facto au Prince, c’est ce qu’arguent les tenants de cette ligne clamant qu’on est en pleine culture du viol.

Blanche Neige expliqué aux incultes

Blanche Neige est le premier des « Grands Classiques » de Disney. Sorti en 1937, il est en format 4:3 et reprend le conte des frères Grimm en l’embellissant pour qu’il finisse bien et fasse rêver les petites filles de son époque. Rappelons à toutes fins utiles qu’une oeuvre, et cette assertion vaut pour l’Histoire en général, ne se juge pas avec les standards contemporains. Elle doit se juger dans le contexte de son époque.

Sans cette ligne de conduite et avant même d’aller plus loin, Blanche Neige est surtout l’archétype, au regard de nos critères modernes, de la petite fille bien née de l’aristocratie blanche un peu cruche et fleur bleue. Elle rêve du prince charmant comme seule vision d’avenir pour vivre heureuse en tant que mère au foyer et avoir beaucoup d’enfants !

D’autant plus qu’elle n’est pas très courageuse, elle a une peur bleue dans les bois. Elle n’est pas très maline (elle s’en sort surtout parce que l’assassin n’ose pas la tuer tellement elle est belle) et que ses pleurs prennent en pitié les animaux de la forêt ainsi que les nains, réputés bougons. Notre chère égérie des années 30 passera même son temps à les materner et à faire la femme au foyer pour eux jusqu’à ce que la vilaine reine / sorcière la retrouve et… l’empoisonne en profitant de sa déficience neuronale évidente.

Mais revenons au sujet qui fâche réellement (oui tout le reste… ça passe crème pour les féministes wokistes) : le fameux baiser final ! Est-il ou non sans consentement ? Pour la Cancel Culture, ça ne fait aucun doute, le Prince est un vilain violeur (enfin, tout au plus une agression sexuelle légère au regard du droit pénal, mais passons).

Pour ceux qui ont réellement vu le film… eh bien pas du tout en fait. Et c’est bien là où Coco, la dessinatrice a bien pris au piège tous ces militants des réseaux sociaux qui sont à l’affut pour jeter l’opprobre sur ceux qui ne vont pas dans leur sens. Et je vais vous le montrer, chronologiquement, à partir des extraits du film, que le consentement est évidemment acquis. Que toute cette polémique et surtout ce déferlement d’indignation à l’encontre de la caricaturiste de Libération sont révélateurs de la stupidité des wokistes.

Dès le début du film, la jeune Blanche Neige, que sa belle-mère de reine ne peut encadrer, rêve d’une vie avec son Prince (charmant) en réalité avec la chanson « je souhaite ». Ce sera même la goutte d’eau qui fera déborder le base pour sa veuve de belle-mère. Furieuse de ne pas être la plus belle et de ne pas être celle courtisée par le Prince décidera de se débarrasser de la malheureuse, elle engagera un chasseur/assassin pour liquider la jeune fille.

Chez les nains ensuite, elle va chanter son amour pour son Prince. Elle ne l’a pas oublié et souhaite le revoir pour vivre avec lui.

Enfin, à la fin du film, le Prince viendra trouver Blanche Neige, l’ayant cherché en vain il a entendu la légende d’une belle jeune femme endormie dans un cercueil en verre. Quand il la verra ainsi, tout le monde la pleurant, il ne fera que lui donner un baiser d’adieu. Baiser qu’aurait bien volontiers accepté Blanche Neige quand on regarde le film en entier. Et à son heureusement surprise, elle sortira de sa sommeil glacé, pour vivre heureux avec elle etc.

Le bilan de toute cette shitstorm ? C’est qu’il ne faut surtout pas se démonter devant les pratiques agressives de la Cancel Culture. Il faut surtout montrer les incohérences de son propos au soutien d’une pureté idéologique mortifère. La Cancel Culture, c’est surtout l’inculture crasse et vociférante. Bienvenue en pleine idiocratie !

J’ai déjà hâte de lire la prochaine polémique sur la Belle au bois dormant, avec le Prince Philippe, intrépide et courageux venant embrasser Aurore pour la sortir de son sommeil. Mince, là aussi ils tombent amoureux en se rencontrant dans les bois. Allez un petit effort, Aurore n’a même pas encore 16 ans, il y a un angle d’attaque les wokistes !

Simple et efficace : le dialogue avec les wokistes résumé

Pour finir sur une ouverture (au second degré), je pense qu’il faut censurer Blade Runner. Parce que là… il y a de quoi faire ! (A 3:30 sur la vidéo ci-dessous).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *