Comprendre la nature du terrorisme

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Une fois n’est pas coutume, j’ai eu envie de répondre à une tribune publiée dans le Monde.fr tout en faisant écho à l’actualité. Cette tribune, précisément, qui demande à ce qu’un débat large soit mené pour que notre démocratie puisse comprendre le phénomène du terrorisme et donc mieux lutter contre lui. L’auteur de cette tribune a raison de citer Michel Foucault qui insistait bien sur l’obligation de comprendre un phénomène pour avoir une action politique en conséquence.

Le terrorisme pour rappel, c’est le fait de perpétrer des actes violents ou dangereux de nature à semer la peur, le trouble à l’ordre public et donc la terreur parmi la population à des fins politiques. Il est juridiquement défini par l’article 421-1 du Code Pénal. Le terrorisme peut cibler des symboles, comme il peut cibler la population elle-même. Bien souvent, il cible en réalité les deux à la fois puisque les actes terroristes sont perpétrés en des lieux et/ou temps bien précis.

Le terrorisme revêt bien des visages et n’est pas l’apanage d’une cause unique à travers le monde. Il est utilisé dans de nombreuses « causes ». Mais en réalité, de quel terrorisme parle-t-on quand on aborde le cas du terrorisme en France de nos jours ? On parle bien entendu du terrorisme islamiste. De manière plus résiduelle, on pourrait parler du terrorisme anti-spéciste. Une chose est sûre c’est que ces mouvements ont toujours la même cause génératrice : une communauté qui se défini comme légitime pour en frapper une autre, qu’elle juge de manière exclusive et arbitraire, comme étant la responsable de ce qu’elle ne peut supporter et qu’elle décrète comme intolérable dans l’espace public.

1. Les fondements généraux du terrorisme

1.1 Les causes génératrices du terrorisme

Le terrorisme est le moyen d’expression choisi par tous ceux qui veulent que leur idéologie soit la dominante dans les rapports sociaux qui régissent notre société. Il est polymorphe : actes violents dans l’espace public ou cyber-terrorisme dans sa forme moderne (anciennement tracts), avec des menaces sur les réseaux sociaux couplées à la propagande intensive d’une pensée totalitaire et parfois mortifère.

Il a en revanche bien des causes génératrices : religion, mouvement nationaliste, mouvement de défense patriotique, mouvement de revendications de nouveaux droits. Pourtant, encore plus profondément que ces quatre précitées une cause est prédominante et souvent, les autres ne font en réalité que découler de cette première, à quelques exceptions près comme toujours.

Prenons comme exemple de terrorisme nationaliste, les actes commis par l’IRA en Irlande, en Corse par le FLNC ou encore par l’ETA en Pays basque. Ils ont pour vocation de « libérer » les territoires en question, par les armes et les actes violents à l’encontre directement de ressortissants du pays perçu comme l’occupant ou contre les institutions et symboles de celui-ci.

Mais la cause première est bien souvent de nature économique. Ce n’est pas dans un élan marxiste que je mets en avant cette cause, c’est surtout que c’est une constante sociologique constatée de manière répétée à travers l’Histoire. Quand la situation économique est florissante, et que les progrès sociaux et la hausse du niveau de vie vont de pairs, les idéologies contraignantes ont tendance à reculer, les religions incluses par ailleurs.

En revanche, en période de crise économique, voire de guerre (la crise étant alors partie intégrante), ces idéologies reprennent vigueur et tendent à se réimposer dans l’espace public. Car lorsque l’humain est dans une situation perçue comme négative et qu’il entrevoit un lendemain moins florissant que ce qu’il vient de vivre, il à tendance à se tourner vers des idéologies imprimant des cadres rigoristes, symboles de stabilité. En clair, le conservatisme le plus dur fait son grand retour.

Il est évident que la cause économique n’est pas la seule, ce serait trop trivial. Elle est en revanche un fait générateur important. Et l’activité terroriste récente à travers le monde en est l’illustration presque parfaite. Car réduire le terrorisme islamiste à une seule cause, la religion, serait trop réducteur. La religion en est indéniablement le socle d’application puisqu’une religion comporte des éléments de domination des rapports sociaux. Mais sous-jacentes à cette cause visible, les conditions économiques sont prédominantes. Et ça, il ne faut jamais l’oublier. Traiter les symptômes c’est évidemment nécessaire, traiter les causes profondes d’une maladie endémique, c’est encore mieux.

1.2 La fin de la guerre froide

Durant la guerre froide de la période d’après seconde guerre mondiale, le monde s’est divisé en deux blocs, Ouest (OTAN) et Est (Pacte de Varsovie). L’un emmené par les USA, les démocraties, le capitalisme et le libéralisme. L’autre emmené par l’URSS, la dictature, le communisme et le protectionnisme. En 1991, il y a eu officiellement un vainqueur, le bloc de l’Ouest, avec la fin de la perestroïka entamée en 1985 sous Gorbatchev. En 1989, le monde savait déjà que l’écroulement du bloc communiste serait inéluctable avec la chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne.

La chute du mur de Berlin – 1989

Ce petit rappel de l’Histoire moderne est obligatoire pour comprendre le motif économique profond du regain de la mouvance terroriste et en particulier de la mouvance islamique. Les deux blocs permettaient d’avoir une économie des pays émergents et donc des économies basses de tendre vers un niveau moyen, plus acceptable pour les populations, porteuses du développement humain et donc facteur de détachement envers les religions. Thomas L. Friedman (triple prix Pullitzer, chroniqueur au New York Times) le souligne très justement dans ses livres La Terre est plate et Merci d’être en retard.

Par conséquent, depuis la fin de l’affrontement des deux blocs, les marchés émergents ne sont plus inondés (surtout) de dollars ou dans une moindre mesure de roubles. Et les deux superpuissances sont en reculs, la Russie n’est plus que l’ombre de l’URSS, et les USA doutent de leur force, opérant un repli sur eux-mêmes et n’étant plus le phare du monde libéral. La Chine elle, n’a pas encore la stature pour remplacer l’URSS dans une course entre les blocs. Tandis que l’Europe peine à se fédérer, en proie à l’absence de confiance en son propre modèle, alors que le fédéralisme ainsi que l’unicité des règles fiscales et économiques en son sein lui seraient salutaires.

Pour faire simple, les pays du monde émergent et donc le Moyen-Orient ainsi que l’Afrique sub-saharienne ne sont plus sponsorisés économiquement par les superpuissances. A cela on ajoute les chocs pétroliers successifs (baisse du prix du pétrole fin des années 1980), puis la pression hydrique liée au réchauffement climatique, des récoltes locales en berne et donc des tensions sociétales fortes. Nous obtenons chronologiquement : le renversement du Shah d’Iran en 1979 par le régime des Ayatollahs, la guerre civile en Algérie, Al Qaïda et les attentats de 2001, Boko-Haram et les Shebabs de Somalie en Afrique à compter de 2002, et bien sûr les révolutions quasi toutes échouées (sauf la Tunisie) des printemps arabes. Les plus gros échecs sont les guerres civiles en Libye et Syrie (où l’Etat Islamique, « Daech », reprendra le flambeau d’Al Qaïda). L’économie est donc bien la genèse du terrorisme islamiste que nous subissons par vague à travers le monde, couplée avec un sentiment de déclassement du monde musulman, latent et datant de l’époque coloniale occidentale après la chute de l’Empire Ottoman et le dernier califat aboli en 1924, il n’en fallait pas moins pour une résurgence islamiste.

2. Le terrorisme islamiste

2.1 Les cibles du terrorisme islamiste

Du Moyen-Orient en passant par le Sahel, le Maghreb ou l’Occident, le terrorisme islamiste frappe, tue, et marque les esprits. Il est important de noter que les musulmans eux-mêmes sont les premières cibles de ce terrorisme, même si nous avons tendance à nous focaliser sur la menace directe envers nos démocraties occidentales. Le monde a littéralement changé en la matière le 11 septembre 2001, avec les attentats ayant visé notamment le World Trade Center de New-York aux Etats-Unis.

Les tours qui commencent à s’écrouler quelques heures après que deux avions les aient percutés.

Mais le terrorisme islamiste en occident existait bien avant cela, le 25 juillet 1995 en France par exemple, l’attentat du RER B St-Michel, revendiqué par le GIA (groupe armé islamique algérien) ou encore le détournement de l’avion sur l’aéroport de Nice avec l’assaut du GIGN l’année précédente (1994) qui lui a donné ses lettres de noblesse.

Notre pays est frappé par une nouvelle vague depuis les agissements de Mohamed Merah en 2012 entre Montauban et Toulouse initiant cette façon d’agir protéiforme dite du « loup solitaire ». Ce mode opératoire consiste à avoir une personne isolée passant à l’acte pour tuer des cibles à fort potentiel symbolique. Les frères Kouachi (même si ils sont deux) du 7 au 11 janvier 2015 avec le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo (dont j’utilise la couverture du début du procès de ces attentats en une de cet article), Amedy Coulibaly avec l’Hyper Casher le 9 janvier 2015, l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel ou encore Abdoullakh Anzorov avec la décapitation du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty tout récemment (16 octobre 2020), en sont les exemples les plus marquants.

Samuel Paty, photo largement diffusée de ce professeur victime de l’Islam politique et symbolisant l’instruction contre l’obscurantisme

A cela, on ne peut oublier l’attentat perpétré en cellule complète terroriste, du Bataclan, lors d’un concert et la tentative ratée dans la foulée au Stade de France. Le nombre de morts diffère selon les cibles et les façons de faire (Bataclan ou 14 juillet à Nice ont été très meurtriers), mais la puissance symbolique des cibles marque tout autant. Sont visés à travers ce panel d’actes, la liberté d’expression et le droit au blasphème, la communauté juive (honnie par les islamistes), le mode de vie libertaire occidental et bien sûr la République elle-même, la démocratie étant une hérésie pour les tenants d’un l’Islam rigoriste.

La question légitime qui se pose est alors la suivante : pourquoi le terrorisme se développe autant au sein de l’Islam et pas ou très peu dans le christianisme ou le judaïsme (pour ne citer que les trois monothéismes) ?

2.2 La tradition islamique et la structure du Coran en question

L’Islam est la dernière des trois religions dites du « Livre » et à ce titre, qui se base sur l’Ancien Testament, avec un prophète qui développe autour de ça, sa vision des commandements divins. Le principe de l’Islam c’est de dénoncer un dévoiement de l’Ancien Testament aussi bien par les juifs dans le temps sur la base de la Torah, que par les chrétiens à travers les évangiles.

Pour bien comprendre l’Islam, il faut lire le Coran (son livre « saint ») et en connaître son historiographie, laquelle est contestée par les tenants du culte et les théologiens islamiques, car elle ne leur convient pas et nuit à leur prophète. Mahomet, le prophète musulman, était selon la tradition islamique un arabe illettré. Puisqu’il est contraint de retenir par coeur ce que lui dicte l’archange Gabriel, ce n’est qu’ensuite que le Coran sera directement écrit par la main de Dieu, lui conférant la qualité confuse et abstraite d’être « incréé ». Or l’historiographie a surtout tendance (et ce n’est plus contesté par les historiens) à contredire ce premier point, Mahomet en tant que marchand, était lettré. Il voyageait beaucoup pour commercer et sa première épouse était très riche. Par conséquent il ne pouvait être un commerçant d’envergure et ne pas savoir lire.

Il a même fortement subi l’influence au cours de son instruction du christianisme syriaque. C’est d’ailleurs un des éléments qui réduit à néant la réelle portée historique du « Coran », puisqu’il fait naître l’Islam dans un milieu très païen et polythéiste (Arabie et environs) alors que le christianisme et le judaïsme y étaient largement diffusés. L’autre point réduisant presque à néant la valeur historique du Coran, c’est la mention de La Mecque alors que les sources de l’époque de Mahomet ne la mentionnent jamais, faisant douter du caractère contemporain et sérieux du Coran.

La réalité est donc toute autre, le livre saint des musulmans, qui se veut an-historique pour lui conférer une aura sacrée et divine, est une création bien humaine des successeurs de Mahomet qui a eu le mérite de fédérer les tribus arabes (qui elles pouvaient être païennes) de la péninsule arabique.

Les successeurs de Mahomet ont établi un califat à la puissance militaire indéniable et souhaitaient maintenir l’unicité de ce nouvel empire. C’est la réelle source de la naissance de cet Islam politique, qui fige depuis quatorze siècles le monde musulman, l’empêchant d’opérer la séparation du pouvoir temporel (faire les lois humaines) avec le pouvoir spirituel (pour guider les âmes avec les prescriptions divines). Cette scission a été décidée assez tôt en Occident pour éviter l’affrontement ouvert des rois / empereurs avec le souverain pontife. L’Islam lui, n’a toujours pas fait cette distinction dans les fonctions.

Dans le Coran, il y a clairement une évolution qui se fait sentir dans l’approche et la manière de diffuser l’Islam. Il y a indéniablement un « avant Médine » et un « après Médine ». Pour l’expliquer dans les grandes lignes, et c’est retranscrit dans le Coran, Mahomet souhaite tout d’abord une diffusion pacifique (surtout qu’il doit convaincre sa propre tribu), en essayant de convaincre à la manière d’un Jésus. Puis il se fait chasser de la ville de Médine, plus loin en Arabie, qui refuse et préfère rester soi-disant païenne (dans les faits : juive et/ou chrétienne syriaque). C’est ce qui s’appelle l’Hégire et la fuite de Mahomet. À partir de là, la 2e partie clairement identifiable du Coran change de ton. Il devient plus véhément, et promet d’imposer l’Islam, par la force, la décapitation de l’intégralité de la tribu des Banu Qurayza (juifs de Médine) en atteste, dans le Coran. L’adage devient « la mort ou la conversion ». Le cas des apostats s’en trouve également réglé. À l’instar des règles militaires concernant la désertion, la peine de mort sera la règle en la matière.

À la lumière de cette dichotomie, il apparaît alors nettement que l’Islam devient une religion martiale, que le prophète pacifique se meut en chef de guerre. Le Djihad et la conquête musulmane peuvent alors commencer. Mais comme le Coran, au même titre que les autres « livres saints » est une création humaine non contemporaine de son prophète, il va de soi que c’est une question d’instauration et conservation du pouvoir a posteriori des conquêtes. Cette écriture permet également de mieux expliquer comment encore aujourd’hui, au XXIe siècle, le contenu du Coran peut être autant influent parmi les croyants, et pourquoi tant de pays vivent encore sous la Charia, la loi islamique. Le cadre en est extrêmement rigide et on pourrait presque dire que sur ce plan, l’Islam a le malheur pour nous, d’être la plus parfaite des religions tant elle est « verrouillée ».

L’imbécilité crasse de l’Islam politique illustrée !

Le terrorisme islamiste lui, prend donc racine dans cette fameuse deuxième partie du Coran, la partie martiale (Doctrine de l’épée), qui est tout autant incontestable dans la tradition musulmane que la première (Doctrine de l’abrogation des parties violentes). Les exégètes vont pouvoir se battre sur l’application de l’une ou l’autre des parties. Comme le reste du monde musulman par ailleurs. Car les sunnites modérés au même titre que les chiites (branche minoritaire de l’islam, bien que non moins rigoriste, c’est juste une histoire de qui devait succéder au prophète qui a entraîné cette scission), sont les premières victimes du terrorisme.

2.3 Influence du courant djihadisme et de l’Islam politique

Si j’ouvrais cette deuxième partie en assénant que le monde avait de nouveau changé en 2001, ce n’est pas un hasard. Al-Qaïda, par cet acte de grande envergure, a eu une influence énorme, montrant que les tenants du djihadisme pouvaient frapper le colosse occidental et judéo-chrétien. Et même si la réponse des Etats-Unis fût l’invasion de l’Afghanistan et plus tard sous Obama en 2011 (soit 10 ans après), la mort de Ben Laden chef historique du mouvement, ce dernier a clairement métastasé pour gangréner quasiment tout le monde musulman.

Aujourd’hui, les restes d’Al-Qaïda et de l’Etat Islamique sont toujours actifs et continuent d’étendre leur influence. Il y a même une branche d’Afrique centrale très active entre le Mozambique et la Tanzanie pour cette dernière. Nous combattons en Syrie, nous combattons au Sahel (opération Serval). Mais les victoires militaires n’empêchent pas la prolifération de ces cellules cancéreuses.

Sur notre sol, ces mouvements opèrent une diffusion par les réseaux sociaux, mais aussi par les prêches dans des mosquées et associations cultuelles affiliées entre autres aux Frères Musulmans (mouvement né en 1928 en Égypte en période coloniale) qui prônent l’Islam politique. Les mosquées sous influence turque sont également surveillées désormais, tant le pouvoir s’islamise près du Bosphore sous la férule d’Erdogan. Et les candidats au djihad font souvent des voyages vers les zones sous influences djihadistes (Syrie, Tchétchénie, Afghanistan, Mali) pour parfaire leur « conditionnement », ils sont plus facilement identifiables lorsqu’ils franchissent ce pas.

La diffusion idéologique se faisant donc à large spectre, les musulmans sont de plus en plus touchés et une augmentation de la radicalité peut-être observée. Et ce en particulier chez les 15-25 ans dont la part souhaitant l’application de la charia devient croissante. Les groupes djihadistes apprennent à leurs élèves l’art de la taqîya qui consiste à dissimuler ses réelles intentions aux « mécréants » pour pouvoir mieux les frapper, feindre d’être radicalisé jusqu’au moment opportun. Tout ça prend lentement mais sûrement une mauvaise tournure de guerre de religion entre le monde judéo-chrétien et les musulmans. Avec les a-religieux (athées / agnostiques) en guise de spectateurs et qui vont prendre des balles perdues voire être ciblés pour mécréance avérée car ils osent faire preuve d’esprit critique. Comme Charb de Charlie Hebdo qui était une cible de choix pour les djihadistes.

Gardons en tête que le crime (ou délit) de blasphème, qui est largement brandit par l’Islam politique comme argument contre les démocraties occidentales et particulièrement la notre, séculariste, a été supprimé depuis 1791 ! Quand bien même la loi Pleven de 1972 est venue encadrer la précédente loi de 1881 sur la liberté d’expression, en particulier par voie de presse, le délit de blasphème n’est pas toujours pas (et heureusement) réintroduit en France. Il faut quand même noter que la notion de « croyant offensé » est une dérive de la notion de blasphème. En effet, à l’origine le blasphème est un crime sans victime (Dieu/les dieux n’étant pas là pour se faire entendre de leur préjudice). Le croyant n’a pas à se sentir garant de l’honneur de Dieu ou de son prophète.

2.4 Une lutte idéologique sur le long terme

La liberté d’expression mais aussi la place de la femme se trouvent alors menacées. Et c’est en combattant par l’éducation et l’instruction cette mouvance idéologique que nous pourrons lui faire barrage efficacement. C’est un travail de longue haleine. La fermeture de lieux de cultes ou de salles officieuses radicalisées est nécessaire, mais ce n’est qu’un moyen à court terme. La poursuite des propos djihadistes en ligne, de ceux qui se revendiquent de pouvoir venger « le prophète » est tout autant primordiale.

La réponse à long terme passera nécessairement par l’instruction (aiguiser l’esprit critique, enseignement de l’évolutionnisme), pour lutter contre l’obscurantisme et déconstruire le discours de l’Islam politique sans hésiter à le nommer comme responsable. Il est d’ailleurs notable que Chems-Eddine Hafiz, le nouveau grand recteur de la mosquée de Paris ne tergiverse pas, contrairement à son prédécesseur et pointe du doigt le problème.

Le plus délicat sera de trouver comment lutter efficacement contre l’environnement toxique que peut représenter la cellule familiale des enfants. L’éducation nationale seule, a bien du mal à lutter contre cette influence, surtout lorsque les parents remettent ouvertement en cause l’enseignement prodigué.

Sans oublier qu’il nous faut trouver un second souffle économique, anticipant le changement climatique global pour que les religions ne soient plus la valeur refuge d’un trop grand nombre d’individus qui s’estiment laissés pour compte. Ce sera toujours plus efficace qu’un arsenal pénal déjà conséquent pour y répondre et un tour de vis sécuritaire qui ne fera qu’accentuer les tensions sociales et la défiance envers l’ensemble des musulmans. Ce qui mécaniquement, opérera un repli communautaire et séparatiste d’une part non négligeable d’entre eux.

Comme le disait très justement Victor Hugo : ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons.

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