Critique de Spider-Man : No Way Home

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Ah ce cher Spidey, le héros préféré de mon gamin de 6 ans. Ce lycéen / étudiant si cool, qui devient plus sombre à mesure qu’il entre à l’âge adulte et apprend la vie avec tous les coups durs qu’elle peut comporter dans les comics.

Ce 15 décembre est sorti le dernier opus de la trilogie cosignée SONY / MARVEL-Disney de notre homme-araignée préféré. Alors… que vaut réellement le film, pour ses qualités cinématographiques pures ? Attention je vais en balancer du spoiler. Et comme toujours je vous amènerai à travers cet article, à réfléchir un peu au delà du simple synopsis.

Prêt pour le film avec ma MJ !

Ce film je l’ai vu en costume de Spider-Man : Far From Home bien calé dans le fauteuil de la salle. C’est dire si j’aime Spidey, moi aussi et je vous en fournis la preuve en image.

La cancel culture en trame de fond

Le film débute directement à la suite des évènements de Far From Home et du dernier coup porté par Mysterio lors de sa mort à l’homme-araignée. Il dévoile à toute la planète l’identité de notre héros, brisant la règle de vie globale de ce lycéen qui s’échine à concilier vie d’adolescent et vie de superhéros.

Forcément J.Jonah Jameson, ennemi médiatique historique du tisseur s’en empare et alimente la sphère complotiste sur la base du seul témoignage du précédent supervilain. Sipdey devient l’homme à abattre. Judiciairement comme socialement. Si judiciairement tout rentre dans l’ordre assez vite, socialement, c’est une autre paire de manche et son entourage, tout comme lui vont en pâtir. MJ, Ned et lui se verront barrer l’entrée du MIT au motif de « la récente controverse ». Je vous invite à relire au passage mon article sur la cancel culture si cette notion vous semble un peu abstraite. Une thématique dans l’ère du temps, forte et qui pourra peut-être faire réfléchir sur le tribunal populaire que représentent malheureusement les réseaux sociaux depuis quelques années.

Brisé et encore plus atteint par le fardeau que partage avec lui sa petite amie et son pote de toujours, Peter Parker ira trouver le Dr Strange. Ce dernier suite aux évènements d’Infinity War et de Endgame n’est plus le sorcier suprême et c’est Wong qui en assure la fonction. Si on peut considérer cela comme anecdotique, on ne doit pas oublier que le Steven Strange du MCU ne jouerait pas l’avenir du monde à la légère, il l’a prouvé dans son affrontement avec Thanos. Mais revenons au motif de la visite de l’adolescent auprès de meilleur pratiquant des arcanes de la Terre : il aimerait que le sorcier efface le souvenir de l’identité réelle de spider-man auprès de tout le monde.

Le Dr Strange finira par accepter en lançant un sort que Peter demande à modifier en cours de manipulation des énergies mystiques pour que son entourage le plus proche ne l’oublie pas. Ce sera la cause de l’ouverture des portes du multivers. Pour faire simple, seront amenés dans notre monde les personnes connaissant l’identité secrète du tisseur dans leur propre univers. C’est cet élément du scénario qui va permettre de réunir les méchants emblématiques des précédents opus : Le bouffon vert joué par W.Dafoe, le Dr Octopus joué par A.Molina, l’homme de sable joué T.H.Church, Electro joué par J.Foxx et enfin le lézard campé par R.Ifans.

Ces supervilains auront quasiment tous en commun qu’ils vont être amenés dans notre univers juste avant leur mort dans le leur après avoir affronté leur itération Spider-Man. A l’exception l’homme sable et du lézard, du moins de ce que nous en savons à travers Spider-Man 3 de Sam Raimi pour le premier et de The Amazing Spider-Man pour le second. Peut-être sont-ils mort hors champ ou dans d’autres univers pourtant très similaires à ceux où on les voit dans ces films.

Quoi qu’il en soit, le scénario est lancé, le sort demandé par Peter à mal tourné et pas mal de méchants historiques vont débarquer pour en découdre une nouvelle fois. L’arrivée du Dr Octopus donne lieu à un combat plutôt bien filmé et rythmé sur un pont de New York, avec un jeune Parker ayant été voir la responsable de l’étude des dossiers d’inscription au MIT pour plaider sa cause ainsi que celle de ses amis.

Aidé du Dr Strange qui améliore son équipement magiquement, il va chercher et trouver tous les vilains, y compris le bouffon vert. Lequel a momentanément laissé Norman Osborn redevenir lui même (il a un dédoublement de personnalité à cause du sérum injecté dans ses veines). L’objectif est de les capturer pour les renvoyer dans leurs multivers. Peter, sous les conseils de sa tante va alors plaider pour les aider et qu’ils ne soient pas renvoyer à une mort certaine. De leur offrir une seconde chance.

Si ce besoin d’aider les autres, y compris ses Nemesis les plus retors est inhérent au personnage de Spider-Man, là ça va malheureusement un peu loin et surtout c’est un peu trop « facile ». Le film va alors commencer sa deuxième partie, qui se lance tambours battants par un duel assez classe visuellement entre le sorcier et l’araignée pour le contrôle d’un cube enfermant le sort d’amnésie mondiale et qui permettrait de renvoyer tout ce petit monde dans leurs univers respectifs.

Entre fan-service et moments gênants. La galère du réalisateur.

Spider-Man réussissant à prendre le meilleur sur Steven Strange dans la dimension miroir, excusez du peu, il revient dans la bonne dimension en piquant en prime le double anneau du sorcier et le laissant tomber indéfiniment dans le vide. S’en suivra une tentative de notre Peter principal de les « soigner » de leur côté méchant, qui va échouer parce que le Bouffon Vert aura bien caché son jeu en restant tapis dans le sub-conscient d’Osborn pour surgir comme un diable de sa boîte au plus mauvais moment pour le tisseur. Dans un combat assez insipide, si ce n’est le moment tragique lors de sa conclusion, le jeune Parker vivra son évènement traumatique. Il s’agira cette fois de la perte de sa tante May qui aura eu l’audace de s’interposer entre le psychopathe et Spider-Man alors que ce dernier était en très mauvaise posture.

Si les super-vilains ont débarqué du multivers, il fallait bien faire honneur à ce « Spider-Verse » qui ne hurle pas son nom dans le titre et faire également venir les autres itérations de notre Araignée. Tobey McGuire et Andrew Garfield reprennent donc du service et vont être appelés par… Ned qui aura su utiliser sans le vouloir le double anneau pour les localiser dans l’univers du MCU et les faire venir dans le salon de sa grand-mère. Il n’y avait pas besoin d’un geek alors il a été transformé en sorcier-padawan, ce qui reste somme toute rigolo.

Le premier a répondre est l’homme araignée ayant eu à se frotter au Lézard et à Electro dans les deux opus mis en scène par Marc Webb. Il aura une réplique intéressante sur le multivers. Disant qu’il en était sûr que ça existait en donnant comme base théorique la théorie des cordes (ou supercordes), principale théorie utilisée actuellement pour envisager le multivers. Cette théorie est par ailleurs en concurrence, au moins partielle, avec la théorie de la gravitation quantique à boucle. Toutes deux, visent à unifier les interactions fondamentales (gravité, électromagnétisme, force forte et force faible) en un tout unique et interdépendant. Si la théorie de la relativité décrit la gravité, les trois autres forces sont elles décrites par la mécanique quantique.

Pour reprendre la théorie des cordes qui est celle avancée par le « Amazing Spider-Man » et pour faire simple : l’univers observable, le notre, serait contenu dans une brane à trois dimension (3-brane). L’espace-temps étant hors de cette brane spécifique et serait alors partagé avec les autres p-branes constituants les autres univers, composant alors le multivers dans son ensemble. Un gardien ne semble évidemment pas de trop pour surveiller un tel bordel.

Le fan-service va alors battre son plein, alternant le très bon (avec un Andrew Garfield qui joue le « mal aimé ») et le moins bon avec un Tobey McGuire qui lui dira lors du climax de cet opus « you’re amazing » (tu es extraordinaire) avec insistance. Pour rappel, il s’agit du titre de ses films : The Amazing Spider-Man. Les deux « ainés » vont partager leurs expériences avec le petit dernier, abordant leurs propres évènements traumatiques et vont l’aider à chercher des solutions pour guérir nos cinq méchants dans… le labo du lycée de Peter Parker.

S’en suivra ce que l’on attend alors logiquement, une bagarre à trois Spider-Man contre quatre des super-vilains (le Dr Octopus ayant été guéri avant que le Bouffon Vert ne se réveille) dans un décor de Statue de la Liberté en pleins travaux car devant accueillir une réplique géant du bouclier de Captain America. Le tout sur fond nocturne et se terminant sur une nouvelle aube naissante.

Ce choix rendra le combat final assez ennuyeux il faut bien l’admettre malheureusement. Entre un manque de visibilité, un réalisateur par très inspiré et des moments assez gênants entre les Spider-Man (comme celui de la coordination leur faisant défaut)… Les méchants sont mal utilisés. Electro par exemple, est insipide alors qu’il s’alimente avec un réacteur Arc de chez Stark Industry. La version de Marc Webb était bien meilleure.

Nos chers tisseurs arriveront à soigner tous les super-vilains, y compris le bouffon vert. Le Dr Strange reviendra aussi en cours de bataille par l’entremise encore une fois de Ned et MJ.

La séquence finale sera un bon moment d’émotions où Tom Holland et Zendaya auront enfin de la consistance, car si l’objectif de réparer les méchants est atteint, la trame du multivers continue de se déchirer. Seul un sort de Steven Strange, avec cette fois d’une amnésie complète et totale quant à l’identité de Spider-Man et l’effacement des mémoires de Peter Parker, peut arrêter l’effondrement. Ce seront donc les adieux du tisseur à sa bien aimée MJ (ainsi qu’à son ami de toujours Ned). Quelques temps plus tard il la revoit avec Ned dans le café où elle travaille, eux vont rentrer au MIT, mais pas lui. Il renonce finalement à tout lui expliquer et préfèrera s’éclipser pour vivre une vie solitaire et probablement de photographe pour le Daily Buggle, comme dans les comics. Laissant pour l’instant Michelle Jones et Ned vivre leur vie d’étudiants, l’anonymat total étant peut-être le meilleur moyen de les protéger de sa vie de superhéros.

Avis définitif !

Ce Spider-Man n’est pas le meilleur opus du super-héros préféré des enfants (et aussi des grands !), mais il a le mérite de clore cette trilogie intégrée dans le MCU tout en appartenant encore à SONY. Ses défauts sont un manque de virtuosité à la réalisation pour les combats contre plusieurs super-vilains ainsi qu’un choix scénaristique discutable. Surtout que beaucoup de monde s’attendait à une véritable mise en forme des Sinister 6 vs Spiderverse. Mais ne boudons pas totalement notre plaisir, Spider-Man : No Way Home reste un bon divertissement. A voir bien sûr au cinéma !

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