[Article évolutif] Le coronavirus « Covid-19 », prévalence, causes et conséquences

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Le 05 février 2020, le monde commençait à s’affoler d’une possible pandémie avec le nouveau et bien nommé virus issu de la grande famille des Coronavirus, le désormais fameux « 2019-nCov » (l’OMS n’ayant pas encore reconnu cette gravité pour l’épidémie en question). Par la même occasion, les mouvements végétarien et surtout vegan essayent de faire passer un message : si nous avons des crises sanitaires, c’est parce que nous mangeons de la viande ! Ce qui est… très réducteur et donc faux, même si une partie des arguments servant de base à cette assertion, eux sont tout à fait valables. Aujourd’hui, plus de 4 milliards d’individus sont confinés dans le monde… Voici un petit article pour synthétiser et comprendre les coronavirus et en particulier celui qui nous frappe durement en ce moment.

1 – Prévalence du 2019-nCov

Il y a désormais consensus sur la question, ce virus est originaire de Chine, probablement du marché aux animaux « frais » (vivants) de Wuhan. Tout comme le SRAS, une autre forme de Coronavirus dont l’épidémie s’était étalée de fin 2002 à début 2003 et faisant 774 morts à travers le monde dont 343 en Chine et 299 à Hong Kong et dont la souche provenait des chauves-souris du centre de l’empire du Milieu (même région que Wuhan). À la suite de ce précédent en 2002-2003, le gouvernement chinois avait doté ladite ville d’un centre de recherche classé « P4 », le plus haut niveau, pour manipuler et effectuer de la recherche sur les virus les plus dangereux comme l’Ebola, le SRAS ou encore le H1N1 (grippe aviaire).

Évolution de l’épidémie au 4 février 2020 – source AFP

Actuellement, le 2019-nCov, est estimé comme ayant un facteur de létalité à hauteur de 3%, essentiellement sur des personnes âgées et/ou ayant des antécédents de difficultés respiratoires ou étant fragiles avec de gros problèmes de santé, comme auraient tendance à le démontrer les chiffres : en particulier les personnes obèses ou en surpoids. À noter que le virus toucherait plus les hommes que les femmes, les enfants eux sont très peu sujets à des complications et font office de porteurs sains ou asymptomatiques. Cependant, une étude récente (menée en Allemagne) contredirait ce chiffre de 3% pour la létalité, ce dernier serait plutôt aux alentours de 0,37%.

Le SRAS de 2002-2003 lui avait un taux de mortalité des personnes infectées avoisinant les 10% mais infectait moins de personnes en comparaison : 774 morts, soit un peu moins de 7750 personnes atteintes. Or le 2019-nCov quant à lui, avait déjà contaminé près de 12 000 personnes au 1er février, et en était à plus de 28200 cas dans le monde au 6 février (28018 en Chine continentale). Il y avait alors 563 morts au pays de Mao, selon les annonces faites par le gouvernement central, lesquelles sont sujettes à être prises avec précaution tant l’opacité du régime de Pékin constitue une règle de fonctionnement. Hong Kong tout comme les Philippines faisaient parallèlement état d’un mort au sein de leurs populations respectives. Le bilan officiel chinois est de 3346 morts ce jour (17 avril), mais devant la pression internationale jugeant non crédible les informations de ce pays autoritaire, sont annoncés 1300 morts supplémentaires.

Extrait de l’article en lien faisant état des 565 morts : À Wuhan, des médecins osent décrire une situation aux antipodes de celle du journal télévisé : « J’ai souvent pleuré parce que tant de patients ne pouvaient être admis à l’hôpital. Ils hurlaient devant l’établissement. Certains, même, se mettaient à genoux devant moi pour que je les accepte. Mais je ne pouvais rien faire, car tous les lits étaient occupés », témoigne le docteur Peng Zhiyong, de l’hôpital universitaire, au magazine en ligne Caixin.

À titre de comparaison enfin, la grippe saisonnière fait entre 6000 et 15000 morts en France par an. Mais attention, une comparaison simple basée sur ces chiffres n’est pas pour autant pertinente comme le souligne très justement cet article en lien. La grippe espagnole (qui reste classée dans les grippes saisonnières) après la Seconde Guerre mondiale avait totalement submergé les services sanitaires de nombreux pays et avait fait 60 millions de morts à travers le monde. Certes les populations étaient affaiblies par la guerre au niveau de l’état de santé général et des probables carences, certes les moyens n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. Mais le taux de duplication (R0 « zéro ») d’un virus peut varier et son taux de complication aussi, surtout s’il mute en cours d’épidémie. Ce n’est qu’en fin d’épidémie (pandémie ici) qu’un tel bilan peut-être tiré. Après estimations des divers pays et des données chinoises exploitées par le CDC (Control of Diseases Center aux USA), le R0 du Covid-19 serait aux alentours de 3. C’est-à-dire que pour chaque personne infectée, trois seraient contaminées par contacts plus ou moins directs.

A ce jour, au 04 juin 2020, en prenant pour source le lien officiel du gouvernement ainsi que cet article évolutif (mis à jour tous les soirs) du Monde.fr, la France fait état d’un bilan estimé à 29 021 morts pour 151 677 cas confirmés, en cumulant les données fournies par les hôpitaux, et les données, plus partielles, par les EHPAD. Je tiens à signaler qu’il n’est absolument pas tenu compte de ce que l’on qualifie de « morts silencieuses », c’est-à-dire les personnes mourantes chez elles et seules. Il faut, sans trop risquer de se tromper, revoir ce chiffre à la hausse et faire une multiplication par deux voire par trois du nombre de morts en France (comme ailleurs dans le monde), entre les déclarations tardives et surtout les morts non testées. Ce n’est que dans quelques années, chiffres de l’INSEE à l’appui sur la mortalité de 2020 que nous pourrons tirer un réel bilan de cette pandémie en France et par extension (avec les données de chaque pays) dans le monde.

La propagation mondiale de la pandémie au 15 avril 2020 – source infographique lemonde.fr via les données collectées par l’université John Hopkins (USA)cliquez pour agrandir

Compte tenu du R0 estimé à 3 de ce virus, ce que l’on appelle l’immunité collective, c’est-à-dire lorsqu’une part suffisante de la population a déjà été en contact avec le virus et n’est plus susceptible de le transmettre, car immunisée, il faudrait atteindre 66% de la population en ayant été hôte. Si je combine le taux de létalité « réel » de l’étude allemande de 0,37%, alors j’obtiens par un simple jeu de calcul avec la population française (70 millions) il faudrait alors (70 000 000 x 0,37)/100 x 0,66 = 170 940 morts pour considérer l’immunité collective comme atteinte. Aujourd’hui, Olivier Véran, ministre de la Santé a déclaré qu’environ 10% de la population, selon le conseil scientifique, aurait été infectée par le Covid-19. 10% de la population, soit 7 millions, avec l’application du taux de létalité à 0,37%, nous amènerait à 25 900 morts. Ce chiffre pourrait donc être proche de la réalité, mais nous indique à quel point nous sommes loin de l’immunité collective.

Une nouvelle étude réalisée et publiée le 20 avril par l’institut Pasteur estime quand a elle, que le R0 serait légèrement supérieur à 3, ce qui implique que nous devrions atteindre 70% de contamination pour avoir l’immunité collective. Or et toujours d’après cette étude, nous n’aurions que 5,7% de la population qui aurait déjà été en contact et infectée par le Covid-19. Une telle remise en perspective de l’impact du confinement implique qu’une levée brutale de celui-ci aurait pour conséquence de générer une véritable deuxième vague tout aussi forte que la première. En corollaire de ce postulat, le confinement vous l’aurez compris, sera parcellaire et très progressif avec le maintient des gestes barrières (cf plus loin dans l’article également).

2 – Causes génératrices du coronavirus 2019-nCov : la consommation animale ou l’effondrement de la biodiversité ?

Comme la précédente épidémie de 2003, la souche provient là encore d’après les hypothèses les plus sérieuses, de la chauve-souris. La raison est simple, elles ont un système immunitaire leur permettant d’héberger de nombreux virus sans en être elles-mêmes infectées. Étant des mammifères volants, ils sont de bons vecteurs de propagation qui plus est, ne connaissant que très peu les limites physiques que peuvent rencontrer les animaux vivant au sol. À ce titre, un animal intermédiaire, le pangolin, pourrait être impliqué dans la transmission à l’homme. Lui aussi est un mets assez prisé par nos amis chinois du marché de Wuhan.

Souvenons-nous également de la grippe aviaire H1N1 contenait une composante porcine, une aviaire et une humaine. Mais aucune preuve n’indiquait qu’il ait bien transité par le porc, simplement ce virus était un modèle de virus dit « réassorti » du fait de sa composition génétique mixte. Le taux de complication et mortalité était analogue à la grippe saisonnière, in fine. Le SRAS de 2002-2003 était lui lié à la civette, rien de choquant puisque 70% des nouveaux virus viennent d’animaux sauvages. Quoi qu’il en soit, il faut retenir que ce 2019-nCov, comme d’autres avant lui, a été transmis à l’homme par un animal porteur du virus souche, comme c’est souvent le cas pour ce genre d’épidémie.

Les associations prenant fait et cause des animaux s’empressent depuis deux jours de faire passer le message suivant : c’est parce que nous mangeons de la viande que ces épidémies existent ! Message un tantinet réducteur n’est-ce pas ? Ici la tribune végétarienne, et là, la tribune végane de l’association PETA !

En soi, je ne conteste pas que le marché du vivant de Huanan à Wuhan (ville sensible en raison de son passé contestataire du régime et donc une tolérance sur la pratique locale plus grande) ne soit pas tenu dans des conditions déplorables. Lesquelles engendrent de la souffrance animale tout comme elles sont le parfait creuset à un développement d’une réelle crise sanitaire en raison de l’hygiène et de la promiscuité animaux/humains pour la vente illégale de nombreux animaux sauvages, consommés pour leurs vertus supposées thérapeutiques dans cette région centrale de la Chine.

Reprenons le raisonnement de manière logique. Oui, consommer des animaux sauvages (vu le risque lié aux nouveaux virus dont ils peuvent être porteurs), ou issus d’un élevage aux conditions d’hygiène ou pratiques d’alimentations douteuses peut être la cause d’une épidémie virale. Oui, la souffrance animale dans ce type de milieu (marché du vivant de Huanan, ou élevage de masse industriel dans un espace confiné et/ou réduit) est réelle. Sur la tribune végane de PETA on peut lire que la résistance bactérienne est problématique chez les animaux d’élevages industriels qui sont parfois surgavés d’antibiotiques. Là encore, je ne vais pas nier le risque existant.

J’admets volontiers que c’est peu ragoûtant – soupe de chauve-souris

En revanche, encore alimenter que la consommation animale est prouvée comme étant mauvaise pour la santé en citant pêle-mêle le diabète, l’obésité, la salmonelle, le cholestérol, etc. Non, là on tombe purement et simplement dans la désinformation. C’est dommage de partir d’éléments factuels vrais et qui sont à mettre au crédit de leur cause, car ces mouvements ont souvent été à la pointe pour les dénoncer, pour en arriver à une solution générale et impérieuse : il ne faut plus consommer de viande. Le raisonnement logique vire alors au raisonnement par l’absurde.

Prenons par la salmonelle. Très bien, c’est vrai que c’est une bactérie qui se développe soit dans la viande, soit dans les produits laitiers ou dans les oeufs. La salmonelle est une bactérie fréquemment portée par des animaux divers et variés. Les entérites estivales lui sont très fortement imputables par exemple. Mais ce n’est qu’une question de conservation et de normes sanitaires. Ce n’est pas une bactérie qui se développe dans les produits d’origines animales inconditionnellement.

De la même manière, les coronavirus ne sont pas développés chez tous les animaux ni les autres virus transmissibles à l’homme, par l’animal, ce que l’on appelle des zoonoses. Ce n’est qu’une question de manger ou de côtoyer fortement un animal porteur ou non. Ce n’est pas sans raisons que les nouveaux virus sont localisés pour la quasi-totalité dans des régions du monde où la consommation de viande se fait avec peu voire pas de normes sanitaires (marché du vivant du Wuhan). Ce n’est pas un hasard si le virus Ebola (famille des coronavirus pour rappel) est lui aussi d’abord véhiculé par des chauves-souris en tant que porteurs sains qui soit le transmettent assez facilement aux porcs domestiques, car leur système immunitaire les rend sensibles envers ce virus, soit directement à l’homme selon conditions.

À titre de comparaison, généraliser le cas des coronavirus ou mêmes d’autres épidémies (on peut penser à la vache-folle) pour justifier de ne plus manger d’animaux ou carrément, comme le braillent avec force et conviction les végans, relève d’un raisonnement aussi stupide que celui qui aboutirait à ne plus manger de champignons du fait que certains rendent malades, voire nous tue. On peut également citer les baies sur ce même principe, vous voulez tenter une petite poignée de baies de ricin par exemple ? Entre 5 et 8 baies vous tuent, pourtant elles ont, paraît-il, un excellent goût de noisette.

Cette obsession de ne pas manger d’animaux devient pénible, alors qu’il est scientifiquement prouvé (cf article sur l’évolution ou l’article précédent sur l’alimentation en 2050, propos de Pascal Picq) que notre évolution est le fruit d’une multitudes de facteurs, dont le changement alimentaire qui nous a fait passer du régime frugivore au régime omnivore. Surtout dans un web 2.0 où tout le monde s’exprime en martelant son point de vue comme une vérité absolue, et ce en dépit du bon sens, mais surtout des connaissances scientifiques bien souvent. La chasse et la cueillette sont antérieures à l’agriculture qui n’a qu’une petite dizaine de milliers d’années au final, faut-il le rappeler ? Aucune civilisation n’a pu survivre en étant entièrement végane. En revanche les inuits eux, sont 100% carnivores/piscivores. De plus, il n’y a pas d’allergie aux viandes de mammifères ou même de volatiles, à la différence des allergies parfois dangereuses pour les fruits de mer, les fruits (frais ou à coque/graines), ou les légumes.

Enfin, je vais évacuer tout de suite l’argument « l’humain est la seule espèce à en élever d’autre pour les manger ». Regardez les fourmis et ce qu’elles font aux pucerons, qu’elles élèvent, déplacent de tiges en tiges pour en extraire le miellat et avec lesquels elles n’hésitent pas à couper des têtes pour contrôler la population globale dans leurs « fermes ». Il n’est donc même pas possible d’arguer que notre comportement est exclusivement mammalien, des insectes le font entre eux. Cette manie de vouloir sortir l’humain du règne animal, comme s’il s’était affranchi de ses besoins nutritionnels sous prétexte que nous avons une société « moderne »… me laisse un arrière-goût de créationnisme dans la bouche. La société végane du futur c’est d’avoir une vie avec nous (humains) d’un côté dans nos villes et de l’autre les animaux dans les espaces « sauvages » leur restant une fois ceux préemptés par notre espèce ? Espaces rendus stériles à quasiment toutes vies animales (sols morts) avec des monocultures intensives de soja, riz, blé et diverses légumineuses pour pourvoir à nos besoins nutritifs, sans oublier les supplémentations de synthèses et en particulier la B12.

Les fourmis et leurs fermes à pucerons

Le prétexte du 2019-nCov pour vendre sa soupe idéologique… c’est vraiment dégoulinant de malhonnêteté intellectuelle. Et c’est même criminel quand on ose vendre des « masques de protection » avec le message qui va bien (cf article PETA). À ce titre, notons que les professionnels de santé recommandaient de ne surtout pas utiliser ce genre de masque en permanence pour sortir, mais plutôt de rester confiner. Ce dernier message sera une erreur, car oui le masque ne protège pas le porteur, mais il limite la propagation via les micro-gouttelettes de salive. La protection d’un masque de ce type pour le porteur en revanche, est d’au mieux une heure tous les personnels médicaux vous le confirmeront (ceux de norme FFP2 environ huit heures). Ce qui est dommage, c’est que dans une crise de cet ordre, la désinformation (des deux côtés, végans comme monde médical occidental) ai été limite plus importante que la prise en considération du risque lui-même d’une manière plus globale, comme demandé par les virologues et les biologistes.

Parce qu’il existe réellement un problème de fond concernant ces zoonoses, et il est directement résultant de l’effondrement de la biodiversité et des écosystèmes. L’humain doit apprendre ou réapprendre à laisser la place nécessaire aux animaux sauvages, à ne pas vivre en promiscuité avec lui dans des conditions parfois très douteuses d’hygiène qui plus est. En clair, il est plus qu’urgent d’effectuer notre transition écologique et donc économique pour limiter l’apparition de ces virus, car les conditions climatiques aidant avec le réchauffement global (hausse des températures et des périodes fortement humides), ils vont se développer encore plus. Ce n’est pas une question de « message de la Nature » comme peuvent l’affirmer certains écologistes, la nature n’est pas finaliste pour rappel, non… c’est simplement que notre mode de vie favorise cette transmission virale dangereuse.

3 – La gestion du confinement : entre erreurs politiques et défiance du monde scientifique.

La Chine elle-même, berceau de ce nouveau virus aura longtemps caché le phénomène au reste du monde, et surtout sa propre population en premier lieu. Les alertes ont commencé à être lancées par le docteur Ai Fen, médecin-chef des urgences de l’hôpital central de Wuhan (laquelle n’est pourtant pas une « dissidente notoire » car secrétaire du parti communiste à l’hôpital) fin décembre. Le docteur Li Wenliang, symbole des lanceurs d’alerte après avoir été arrêté par le régime et être mort de cette nouvelle forme de SRAS avait lui même été averti par… Ai Fen. Cette dernière tout comme lui, mais de manière plus « douce », avait été sommée par le régime de Xi Jinping d’arrêter de propager de fausses rumeurs. Le monde entier en fera les frais… L’opacité des régimes totalitaires mène toujours au même résultat, en essayant d’étouffer un problème de cette nature, la catastrophe est quasi-inévitable.

Officiellement, la Chine a vaincu le nouveau coronavirus, en ayant confiné pendant près de deux mois et demi la région du Hubei (environ 60 millions d’habitants), avec un bilan d’un peu plus de 3 346 morts pour 83 346 cas. Mais qui peut réellement croire à ce bilan, même si la Chine a mis sortie l’artillerie lourde en construisant un hôpital en dur de 2000 places en seulement 10 jours à Wuhan ? Non, le bilan est bien plus lourd pour l’épicentre de la pandémie. Ce n’est pas un hasard si l’Empire du Milieu a ordonné un confinement très strict, avec l’armée bouclant la région, confinant les habitants de force et livrant même les repas pour les confirmés covid en leur interdisant totalement de sortir, même pour acheter à manger. Dans un second temps (et cette mesure sera reprise par la Corée du Sud ou Singapour), les familles comportant un infecté seront éclatées et seront placés en isolement individuel leurs membres dans des chambres d’hôtel réquisitionnées.

« Paris brisé, Paris confiné !« 

En conséquence, et après propagation en Europe, la France est confinée depuis le mardi 17 mars. Progressivement, surtout compte tenu d’un certain irrespect d’une partie de la population (que ce soit les sceptiques, les dealers et personnes liées au trafic dans les cités, par défiance et sentiment d’héroïsme en bravant l’interdit ou tout simplement par manque d’informations), ce confinement s’est durci. Les écoles ont été les premières à fermer, puis les professions entraînant un accueil du public (bar, restaurant, cinéma) ou encore les événements sportifs ; sans compter les administrations non essentielles, les commerces qui ne sont pas de première nécessité, etc.

L’OMS avait commencé à alerter assez tôt la scène internationale politique sans toutefois être dans une position franche du risque pandémique (ce qui lui est reproché aujourd’hui), mais bien peu ont pris cet avertissement assez sérieusement. La Corée du Sud, le Japon, Taïwan ou encore Singapour ont opté pour un confinement systématique des personnes présentant des symptômes et détectées par caméra thermique dans les aéroports, le tout en généralisant le port du masque et en faisant des tests sur un large pan de la population. Il faut dire que ces pays ont déjà été confrontés au SRAS de 2003 et avaient dès lors pris des mesures anticipatives. Singapour a même été plus loin en remontant le patient « zéro » (le premier à avoir eu le Covid sur leur sol) et l’ont isolé, questionné pour avoir la liste des contacts et mettre en quarantaine toute personne susceptible d’avoir contracté ce Covid-19.

réanimation pour le covid – photo Le Progrès

Pour en revenir aux aéroports, ceux-ci ont parfaitement servi de HUB, ou plus simplement, de facteurs-livreurs du virus. La mondialisation a ce défaut que si les échanges sont facilités, il faut bien comprendre qu’ils le sont pour ce qui est bon, comme ce qui est mauvais. À partir de là, l’Europe allait être infectée par la diaspora chinoise en Italie (région de Lombardie) et ce, dès le début février. Le reste ne sera que la continuation des échanges au sein de l’Union, et en France, le cluster initial (foyer et dispersion) est considéré comme étant une congrégation protestante évangélique d’environ 2000 personnes réunies sur une semaine en Moselle pour le Grand-Est, et des militaires de la région de l’Oise pour la région parisienne.

Concernant l’alerte de l’OMS, nombre de pays industrialisés et avancés technologiquement n’ont pas cru à l’imminence de la menace de ce virus, jugeant leurs sociétés probablement trop sophistiquées pour en être réellement victimes (capacité médicale, hygiène générale, etc.), considérant tout au plus le Covid-19 comme un danger lointain et pour les plus négateurs comme une « petite grippette » #Bolsonaro #Trump. Même encore aujourd’hui, les deux ultra-conservateurs et climatosceptiques reconnus (ça va de pair), alimentent ouvertement le rejet des « lockdowns », c’est à dire des confinements. Comme en témoignent ces manifestations aux USA en date du 18 avril pour faire cesser le confinement… On y retrouve des T-shirts à l’effigie et au nom de Trump et la foule scande « Fire Fauci », littéralement virez Fauci (vidéo ci-dessous), le virologue conseiller de la Maison Blanche et qui a estimé que si rien n’était fait, le covid pourrait faire entre 1,4 et 2,2 millions de morts aux seuls USA. Il y a franchement de quoi être consterné devant tant de stupidité quand les chiffres américains sont au 14 mai de 107 175morts pour 1,9 millions cas confirmés. Mais il faut aussi comprendre que le modèle économique américain risque de tuer beaucoup de monde du fait du confinement lui même. Un tiers de la population n’ayant pas de quoi payer plus de 400 euros d’imprévus en raison des crédits à la consommation en cours.

Plus spécifiquement en France, le gouvernement a oscillé entre l’amateurisme et la désinformation les premiers jours, allant même jusqu’à nier l’utilité réelle des masques, alors même que le monde médical et scientifique occidental avait appris de son erreur et avait commencé à écouter les asiatiques, et ce à travers son propre porte-parole… l’habituée des inepties assénées en toute sérénité, je veux bien entendu parler de la bien nommée Sybeth [si bête] Ndiaye.

Mais ce qui est dramatique c’est le niveau d’impréparation global des pays Européens, excepté peut-être de l’Allemagne (et je reste au conditionnel car le bilan ne sera fait que bien plus tard). En France comme en Italie ou en Espagne, sans oublier le Royaume-Uni, la politique en matière de santé est de plus en plus orientée vers la gestion des patients en « flux tendu ». Comme si le domaine de la santé pouvait être géré de manière purement comptable.

Aujourd’hui, l’OMS est pourtant elle-même sous pression pour avoir été trop tendre avec la Chine et ne pas avoir relevé le niveau d’alerte pandémique plus tôt et préconiser la fermeture de toutes les frontières, Trump l’accusant d’être ouvertement prochinoise dans cette affaire. Alertant sur une résurgence très probable du virus à la levée des confinements un peu partout dans le monde, l’OMS invite le président américain à ne pas politiser la crise sanitaire, sans grand effet puisqu’il vient de suspendre le versement des 360 millions d’euros des USA à l’agence sanitaire sous l’égide de l’ONU. Déjà que l’OMS n’avait aucun pouvoir de contrainte sur les états… cette situation ne va pas arranger les choses mais va au contraire la précipiter dans les bras de la Chine qui n’en demandait pas tant, n’ayant qu’à faire un chèque palliatif à la défection de l’Oncle Sam. Finalement, c’est dans logique trumpienne que de dénoncer les organismes du multilatéralisme, préférant les relations bilatérales et avantageuses pour son pays quitte à affaiblir son propre pays sur la confiance qu’il inspire.

Très bonne vidéo de DirtyBiology sur le sujet

Quoi qu’il en soit, la réalité est celle-ci, à la levée du confinement, le covid-19 se diffusera à nouveau. Le caractère inéluctable de la reprise de la pandémie est la résultant de deux facteurs : le premier, est que le confinement n’a pas été décidé assez tôt et surtout de manière synchrone entre les états, laissant le virus se propager un peu partout sur le globe. En revanche, les mesures prises ont eu pour effet de lisser la pression sur le système hospitalier et ralentir le flux de patients à isoler tout en pouvant fournir des respirateurs en réanimation à tous ceux qui en ont besoin, évitant l’écueil douloureux du « tri-opérationnel ». Cette procédure visant à décider qui aura accès à un respirateur en évaluant les chances de survie en fonction de l’âge et de l’état santé général. Le second facteur, c’est l’immunité collective. Avec le taux de dispersion actuelle du virus (environ 10%), que j’ai abordé en première partie de cet article, nous sommes loin des 66% requis pour empêcher un retour assez fort du Covid-19. Le confinement devra donc être levé de manière progressive sinon tout cela n’aura servi à rien, la courbe des malades gravement atteints doit continuer à être lissée sur de longs mois.

Les virologues (CNRS, Inserm) estiment par ailleurs que l’été devrait être une période un peu plus calme pour l’hémisphère nord et les pays occidentaux, en revanche, l’épidémie repartira très probablement en automne après avoir fait un tour dramatique en Afrique, pour l’instant officiellement relativement épargnée, et l’Inde. Ces deux régions très peuplées et pauvres vont sûrement être encore plus durement touchées que nous et l’Europe commence à comprendre que la crise repartira de là-bas (Afrique surtout). Néanmoins, ce répit sur notre propre sol nous laissera peut-être le temps de nous munir d’un nombre conséquent de masques, tests fiables (pas uniquement PCR) et autres gels hydroalcooliques même si le savon marche très bien. Il faut se rendre à l’évidence, d’ici la mise en place d’un traitement viral assez efficace et surtout d’un vaccin, les gestes barrières et la distanciation sociale seront nos meilleures armes. Espérons que cela ne dure pas plus de 12 à 18 mois… L’humain étant un mammifère, nous avons besoin du contact social, et il ne faut pas l’oublier au risque d’une perte de repères et de souffrances émotionnelles pour un très grand nombre de personnes.

Une petite vidéo humoristique à prendre au 2eme degré en ces temps de Covid et confinement !

Et après la crise ? Pourra-t-on (enfin) revoir notre modèle économique ?

Enfin, j’admets volontiers ne pas avoir compris la stratégie de communication choisie par l’Élysée et Matignon, au lieu d’expliquer clairement à la population qu’il y aurait une quarantaine générale (le confinement), l’annoncer par tranche de quinzaine entretient un flou et une désorientation des personnes qui sont dans l’attente de l’évolution de la crise. Mais ça… c’est en partie consécutif de la défiance du monde scientifique sous la pression des enjeux économiques sous-jacents. A ce titre, je suis à la fois ravi de voir que la question du changement de modèle de société revient sur le devant de la scène à la lumière de l’arrêt du monde économique engendré par le Covid-19, et consterné par les mesures prises (jours de congés en moins, mesure annonciatrice de travailler plus) ou des annonces du MEDEF réclamant qu’on travaille plus en sortie de crise.

Si les appels à revoir notre modèle économique consumériste et mis à mal par la pandémie (le FMI annonce 3% de récession, la pire depuis la grande dépression de 1930) se multiplient, d’autant plus qu’ils sont révélateurs, encore une fois, de la fragilité économique, mais aussi sanitaire des plus pauvres ; j’ai bien peur que nos dirigeants ne fassent que des effets d’annonces en la matière sous la pression des grands argentiers du capital.

La lueur d’espoir, c’est surtout que le confinement peu nous avoir appris une chose : nous consommons souvent du superflu. Au final, dans un monde consumériste comme le nôtre, le plus grand pouvoir démocratique n’est pas (n’est plus pour le moment) le bulletin de vote, mais ce que nous faisons comme usage de notre carte bancaire ! En bonus, l’effet du confinement sur la qualité de l’air est indéniable ! Alors, pensez-y en sortie de crise. Si vous voulez que les choses changent, alors traduisez votre opinion dans vos achats et votre manière de consommer (fréquence, qualité des produits, localité). (Infographie animée sur la Chine et le nord de l’Italie, source New York Times)

Le message est assez clair comme ça ?

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