La réalité du genre biologique

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Le 8 mars s’est tenue la journée internationale du droit des femmes. C’était l’occasion pour toutes les femmes du monde de faire entendre leurs voix pour tendre toujours plus vers l’égalité des droits avec les hommes. Si dans certains pays (dont la France), la situation n’est pas aussi catastrophique que dans d’autres, il y a encore beaucoup à faire. En particulier pour tout ce qui concerne les violences faites aux femmes, l’égalité salariale ou encore l’accessibilité de l’espace public.

Mais ce n’est pas ce sujet, du moins directement, qui va être développé ici. Non, là je vais aborder une forme de schisme dans le féminisme moderne, avec ce qu’on pourrait qualifier de féminisme devenu presque « classique », et le néo-féminisme universitaire fortement influencé -voire noyauté- par les groupes de pressions LGBT+.

Pour revenir à cette journée du 8 mars, il s’y est passé quelque chose de très révélateur : des féministes ont été agressées, lors des manifestations à Paris, non par des « hommes » comme on pourrait s’y attendre, mais par des « antifas(chistes) » de la nouvelle mouvance militante féministe. Les premières se sont faites insultées / ont reçu des oeufs voire des pierres ou bouteilles et ont vu leurs banderoles déchirées par les secondes. Charlie Hebdo a publié un article en exclu web fort intéressant sur ce qu’il s’est passé.

Le motif ? Les féministes classiques sont contre le voile islamique (symbole de la domination patriarcale dans l’islam et très très souvent imposé aux femmes soyons clairs), et sont contre la prostitution puisque les femmes en sont victimes plus que travailleuses par choix. Mais ce sera surtout un autre point de leurs revendications qui va nous intéresser pour le reste de l’article, que les transgenres / non-binaires / gender-fluid (choisissez) réclament des droits relevant de celui des femmes alors qu’ils / elles (« ielles » selon leur nouveau lexique LGBT+) n’en sont pas.

Outre le vieux relent patriarcal qu’on peut percevoir dans cette mouvance « antifas » pro-voile / pro-prostitution, c’est surtout l’opposition sexe biologique et identité de genre qui va être abordée, vous l’aurez compris, plus en profondeur.

1. L’identité de genre pour les nuls

C’est surtout après la seconde guerre mondiale, dans les années 50 et 60 que l’identité de genre a commencé à être étudiée en science sociale. Le sexe biologique (mâle/femelle ou plus couramment homme/femme) devrait alors être dissocié du genre masculin ou féminin, lesquels ne seraient finalement que des constructions sociales pour définir les comportements sociaux acceptables, cf ce petit topo de l’OMS. Je vais citer directement les exemples donnés par l’organisme onusien des conséquences sociales du genre :

  • Aux Etats-Unis (et dans la plupart des autres pays), les femmes gagnent sensiblement moins que les hommes pour un travail similaire
  • Au Vietnam, beaucoup plus d’hommes que de femmes fument, l’habitude de fumer n’étant traditionnellement pas considérée comme convenable pour les femmes
  • En Arabie Saoudite, les hommes ont le droit de conduire une automobile et les femmes ne l’ont pas
  • Presque partout dans le monde, les femmes font plus de travaux ménagers que les hommes

Depuis quelques années maintenant, le militantisme LGBT+ se fait de plus en plus entendre sur ce sujet de société lié à l’identité et l’expression de genre et n’hésite pas à faire la leçon y compris aux médias. Comme dirait l’autre, « vous confondez identité de genre et expression de genre ».

Cette personne (à gauche) ne se définit ni comme un homme, ni comme une femme.

Alors concrètement de quoi parle-t-on lorsque le sujet porte sur des personnes qui se définissent d’un genre sexuel différent de leur sexe biologique ou carrément « a-genre » ? Les premières seront dites « trans », avec transformation définitive opérée ou pas (transexuelle ou transgenre) et qui peut aller jusqu’à une souffrance psychologique en raison de la non-conformité de l’identité de genre assignée et l’expression de genre ressentie par la personne. Ce trouble résulte d’un phénomène désormais connu qui est la dysphorie sexuelle ou de genre. Le plus souvent l’élément générateur de cette souffrance pour la personne tient à l’acceptation sociale de cette expression de genre ou à tout le moins l’affirmation de l’identité de genre, différente de sa réalité biologique. Selon l’APA (association américaine de psychiatrie), la simple non-conformité de genre n’est pas en elle même un trouble mental, la dysphorie n’étant caractérisée qu’en cas de souffrance significative.

Je mets deux études génétiques / biologiques sur le sujet, montrant que les profiles de personnes diagnostiquées avec la dysphorie de genre ont bien des mutations génétiques et/ou des caractéristiques morphologiques, neuroatypiques identifiables. Publiées sur Nature.

  • Une étude de 2017 menée par des généticiens chinois sur des personnes atteintes de dysphorie de genre, il semblerait que ce soit dû à une mutation génétique rare sur le gène RYR3 et à la synthèse de la protéine éponyme. Source en pdf
  • Une étude de 2020 menée par des psychiatriques allemands, tendant à montrer une différence dans la taille d’un doigt sur la main gauche, plus petite que la normale dans le cadre des MtFs (males to females). La cause la plus probable avancée serait après meta-analyse, un sous transfert prénatal de testostérone aussi appelé transfert d’androgène prénatal. Source en pdf
  • In summary, humans, like other mammals, show increased male-typical behaviour following early androgen exposure. In addition, as in the animal literature, the masculinizing effects of prenatal androgen exposure on human behaviour are thought to result from androgen-induced alteration of the fetal brain [36,37]. However, human gender-related behaviour is also influenced by cognitive mechanisms unique to humans—processes of self-socialization related to cognitive understanding of genderSource
  • Pour faire simple, la théorie du genre est clairement ciblée comme une des sources avec le transfert prénatal d’hormones anormal, des dysphories de genre en tant que cause environnementale. Les enfants s’identifiant à leurs parents et avec ce que leur environnement (école, sport, jeux/jouets) procure comme éléments d’identification.

Les personnes a-genre ou non-binaires quant à elles, se considèrent soit comme neutres (un genre nouveau), soit « gender-fluid » et oscillent selon leurs humeurs entre les genres masculin et féminin. Certains activistes (parfois chercheurs eux même transgenres) arguent qu’il faut déclassifier la dysphorie en tant que trouble, en raison de la connotation pathologique, du renforcement du modèle binaire (homme/femme) et du risque de stigmatisation des personnes transgenres que cela induirait. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il y a forcément des souffrances psychologiques puisque l’acceptabilité sociale n’est pas établie en la matière et que leur est souvent renvoyée l’affiliation au genre lié à leur sexe biologique. Le taux de suicides ou de tentatives de suicides est d’ailleurs alarmant aux Etats-Unis, avec 41% pour les transgenres comparativement aux 5% de la population hétérosexuelle.

Manifestation pour les droits des transgenres

De plus en plus, et grâce à la magie des « réseaux sociaux », cette revendication identitaire éclate au grand jour. Enfin éclate… elle est surtout portée avec force et véhémence. A tel point que la Cancel Culture (et je renvoi vers un de mes articles précédents) en est fortement imprégnée et que dire un mot de travers peut vous conduire à être ostracisé publiquement sur Twitter, Facebook, Instagram et compagnie… par les « wokistes », les indignés permanent. Il est clair que l’activisme trans est en ce moment très fort, à tel point qu’ils en arrivent à fournir des « kits explicatifs tout prêts » à destination des rédactions journalistiques. Un article du Monde de février essaye de nous y faire voir plus clair sur la question : Transexuel non/binaire, gender-fluid, il/elle/ielle.

On trouve dans l’article du Monde cité juste avant un sondage Sondage IFOP (pages 69 et 70 pour le détail) de novembre 2020, qui aborde la question de l’identité de genre et il est désormais très relayé par le mouvement LGBT+ : les 18-30 ans seraient 22% à ne pas se reconnaître dans le genre sexuel. Ce qui alimente leur théorie de l’iceberg : les transexuels visibles ne sont que la partie émergé de ce vaste iceberg des transgenres.

Le fait de se sentir “différent” n’implique cependant pas forcément que ces personnes éprouvent une insatisfaction par rapport à leur corps (dysphorie de genre ou malaise par rapport au corps) ou le désir de subir une réassignation sexuelle (Kuyper, 2012). Bref, le groupe de personnes transgenres ne se limite pas à celles qui veulent faire adapter leur corps et changer leur carte d’identité. Il serait réducteur d’envisager les personnes transgenres uniquement en fonction de leur corps ou de leur désir de traitement médical.

https://infotransgenre.be/f/presse/chiffres/

La réalité est quand même plus nuancée et concernerait surtout des aspects dits genrés qui seraient « dégenrés » (comme faire la vaisselle/le ménage etc). Avec un sondage de meilleur qualité (comme toujours avec le Gallup US) et je le cite pour faire parler les chiffres on obtient quand même un autre résultat en utilisant ouvertement le terme transgenre :

Les transgenres de la génération 18-30 ans sont donc très loin des 22% sur la question du « ressenti ». Même si il y a une nette augmentation.

Néanmoins, de plus en plus de jeunes s’identifient à cette mouvance, il n’y a qu’à aller voir sur twitter ou instagram (plus que facebook) et de surfer sous les hashtag (#) #TransIsBeautiful, #VisibleNonbinary ou encore #LGBTQIAmazing pour voir effectivement de nombreuses personnes (parfois plutôt à partir de 15 ans), se prendre en photo pour montrer leur non alignement avec le genre auquel ils sont biologiquement censés être assignés. D’autres encore racontent leurs expériences sur ce genre de site s’aimer d’amour fluide.

Bon et si on revenait à la réalité scientifique à travers la biologie et l’évolutionnisme pour quitter le champ des théories de cette branche dite des sciences molles et parfois stupides que sont les sciences sociales ?

N’est-ce pas ?

2. Le sexe biologique pour les nuls

Pour tous ceux qui étaient nuls en cours de biologie (SVT), qui n’écoutaient rien ou encore qui ont tout oublié à grand renfort de bourrage de crâne des sites activistes précités, voici une petite séance de rattrapage. Vous l’aurez compris, le ton va se faire un peu plus acide tout en restant scientifiquement rigoureux. Chers lecteurs, bienvenus dans la partie retour à la réalité évolutionniste de cet article.

L’être humain fait partie intégrante du règne animal et du vivant de manière plus globale encore. A ce titre, il fait partie d’un groupe taxonomique : la classe des mammifères qui elle même fait partie du clade des amniotes au sein de la super classe des tétrapodes mais on va s’arrêter là.

Bien revenons à nos mammifères. Que signifie cette dénomination de classe ? Allez c’est facile on y retrouve sans faire une grande étude étymologique… mammalia du latin mamma et qui donne : mamelles, bien joué ! En clair, les mammifères sont donc la classe des espèces animales vivantes qui nourrissent leurs progénitures par le biais de sécrétions cutanéo-glandulaires : les mamelles, lesquelles ne se retrouvent que chez le représentant femelle de l’espèce.

Alors oui, de très rares cas d’hommes pouvant allaiter existent, après tout nous avons aussi des mamelles « résiduelles ». Mais ces exceptions relèvent soit d’un choc émotionnel, soit d’un dérèglement hormonal pur et simple puisque l’homme sécrète de la dopamine bloquant la production de la prolactine et donc empêchant une « montée de lait ». La tribu des Akas (pygmées africains) est souvent citée pour dire « regardez c’est possible », mais ça reste une exception. Le « sein » donné par les hommes Akas est en réalité plus de l’ordre de la fonction « téter » qui rassure le nourrisson, qu’autre chose (certaines diront que ça marche aussi chez le mâle adulte, ce qui n’est pas totalement faux, n’est-ce pas les mâles hétéros cisgenres !). C’est pour cela que la mère a plus de facilité à calmer l’enfant naturellement avec l’allaitement.

Donc si on met de côté ces exceptions liées au dérèglement hormonale (donc un fonctionnement anormal) ou à certains très rares cas de survie, car même dans ce cadre très très peu de pères pourraient allaiter un nourrisson, il y a bien une distinction d’ordre biologique entre mâle et femelle.

Mais la distinction mâle et femelle ne se limite pas à ce caractère mammalien. Il y a et cette fois, sans possibilité de voir l’hypophyse intervenir d’une façon ou d’une autre, la séparation entre producteurs de gamètes mâles (spermatozoïdes) et de gamètes femelles (ovules) dans le cadre d’une reproduction sexuée anisogame (c’est à dire que les gamètes sont de morphologies différentes). Sur ce plan, on peut le tourner dans tous les sens : le mâle ne produira jamais d’ovule et inversement. De même que le mâle ne portera jamais dans son utérus l’embryon puis le foetus pour donner la vie. Car il sera dépourvu de tout le matériel génétique matriciel que possède la femelle. (Oui je sais l’ornithorynque n’a pas d’utérus et pond un oeuf, exception à l’utérus mammalien mais il y a quand même la distinction mâle/femelle)

Il y a donc déjà une double distinction entre le mâle et la femelle chez les mammifères. A ces deux distinctions s’ajoute encore celle du dimorphisme sexuel. Forcément, des fonctions reproductrices différenciées ont entraîné dans le cadre de l’évolution des espèces des différences morphologiques et donc visibles de l’extérieur, c’est ce qui caractérise le dimorphisme sexuel. Ces différences se retrouvent dans presque tous les groupes, bien au delà des mammifères, avec des variantes (exemple, les insectes voient les femelles être souvent plus imposantes que le mâle, car la fonction de reproduction diffère dans son application).

Gorilles des plaines de l’Ouest – la Vallée des Singes – Romagne

Il existe une théorie -de Priscille Touraille- farfelue et reprise par quelques activistes féministes, qui consiste à avancer que le dimorphisme a été « organisé / généré par l’homme ou le fumeux patriarcat du steak », dans l’espèce humaine, en arguant de la privation de protéines…. Ce qui bien entendu est faux d’un point de vue purement évolutif. Les herbivores ne se privent pas de protéines et pourtant ils ont un dimorphisme prononcé, le taureau ne prive pas la vache de pâture, pourtant il est plus que conséquent. Pour rester dans la branche des hominoïdes mais néanmoins herbivores/insectivores, le gorille dos argenté des montagnes voit le mâle dominant être deux fois plus imposant que les femelles. Il en va de même chez tous les primates (notre branche), le mâle est plus grand, lourd et musculeux que la femelle. Le patriarcat du sexe est uniquement une théorie basée sur du vent et a été laminée par tous les spécialistes de l’évolution des espèces, biologistes et anthropologues de renom (exceptée la directrice de thèse de Touraille ça va de soit).

Si l’influence culturelle peut légèrement accentuer ce dimorphisme, elle n’a en revanche jamais inversé la tendance même de celui-ci dans notre espèce mammalienne : la femelle est plus petite et moins musculeuse que le mâle. Les mécanismes qui ont généré ce dimorphisme d’un point vu scientifique et évolutionniste (et qui parfois peut être désavantageux pour la survie individuelle de l’individu, comme le plumage coloré qui attire les prédateurs ou les bois de cerfs très lourds et demandant beaucoup d’énergie), sont multiples et sont liés à deux principaux facteurs :

  • la capacité reproductrice. Plus l’individu peut se reproduire, plus il va être la nouvelle norme. De facto, un taureau plus fort que les autres va s’accoupler avec plus de vaches en évinçant les autres concurrents mâles, et il va protéger son troupeau des prédateurs. La testostérone va fortement augmenter la masse musculaire et la densité osseuse. Chez l’être humain, il en est allé de même, car le milieu naturel est par définition, un milieu impitoyable et difficile. A contrario, la femelle aura un investissement parental plus fort c’est ce qu’on appelle le paradigme de Darwin-Bateman. Le mâle ayant un potentiel reproductif plus important car il peut féconder plusieurs femelles en peu de temps, l’inverse étant impossible, l’énergie dépensée sera donc fonction de cette capacité.
  • De plus l’énergie dépensée pour les gamètes et le système reproductif du sexe biologique contribue là encore à ce dimorphisme puisque maintenir des gamètes femelles consomme plus d’énergie (plus grosses) que les spermatozoïdes. Par conséquent, le mâle sera plus porté encore sur la dépense de son énergie sur la compétition sexuelle que la femelle qui devra l’orienter vers la conservation. C’est la conséquence indirecte de l’anisogamie.

De toute façon une étude conjointe de Tim Janick (CNRS) entre autre, de 2016 (postérieures à celle de Touraille), publiée et validée dans les revues scientifiques, contrairement au patriarcat du steak, montre clairement que le sexe biologique a défini le genre et qu’ils sont donc liés.

We demonstrate that, across the animal kingdom, sexual selection, as captured by standard Bateman metrics, is indeed stronger in males than in females and that it is evolutionarily tied to sex biases in parental care and sexual dimorphism. Our findings provide the first comprehensive evidence that Darwin’s concept of conventional sex roles is accurate and refute recent criticism of sexual selection theory.

Traduction : nous démontrons que à travers le règne animal, la sélection sexuelle, comme enregistrée par les mesures de Bateman est en effet plus forte chez les males que chez les femelles et c’est lié, au regard de l’évolution, aux biais sexuels dans le dévouement parental et au dimorphisme sexuel. Nos résultats démontrent que la première impression évidente que le concept darwinien de rôles sexuels est exacte et réfute les récentes critiques de la théorie concernant la théorie de la sélection sexuelle.

Le ressenti, c’est bien mignon, c’est vraiment dans l’ère du temps de cette pulvérisation des droits (tout droit subjectif peut faire l’objet d’une revendication au détriment du droit objectif) dont nous parlait le doyen Jean Carbonnier. Mais ça a des conséquences sociales parfois complexes et désastreuses, et le ressenti « de genre »… c’est aussi un peu beaucoup de la branlette intellectuelle nombriliste quand on aborde la question à l’échelle de la société et de l’espèce humaine.

C’est bon, tout le monde suit encore jusque là ? Alors passons au dessert : les délires des activistes de la gender theory.

3. Quand les revendications de la théorie du genre dérivent

L’identité de genre revendiquée par ces personnes qui se sentent femmes ou hommes selon leurs envies entraînent notamment des négations des droits des femmes dans de nombreux domaines. Cette théorie du genre est un dérivé de ce qu’on appelle la théorie critique du post-modernisme, où les sciences sociales tentent de prendre le pas sur les sciences dures aux théories éprouvées et solides, en mettant au centre l’individu et son ressenti plutôt que la réalité factuelle (la fameuse pulvérisation des droits). L’université d’Evergreen (état de Washington, USA) en est le plus célèbre et triste exemple pour les sciences, une université où les gens sont jugés sur leurs couleur de peau, leur sexe et leur identité de genre avant tout.

Bonjour, j’ai une bite mais je ne vois pas le problème

Dans les faits ces dérivent entraînent des situations ubuesques comme les trans qui veulent aller librement dans les toilettes / vestiaires des femmes au motif que leur identité de genre est devenue… femme. Dans la vidéo ci-contre, une personne transgenre exprime son point de vue et argue que ce n’est pas « une bite qui viole mais un homme ». Bon certes la bite n’est qu’un outil comme un autre. Mais soyons réalistes deux secondes : à moins de se faire couper le matériel (avec nos cotisations à la sécurité sociale, n’est-ce pas…), les femmes cisgenres comme ils disent, c’est à dire les femmes biologiques et non de ressenti, peuvent ne pas se sentir en sécurité à la vue d’un service trois pièces dans leur vestiaire, même sur un trans. Et l’assertion comme quoi ce serait des hommes qui voudraient contrôler, encore une fois, le corps des « femmes » est fausse. D’une part, les femmes elles-mêmes sont en réalité souvent réduites au silence sur la question par les activistes transgenres. Je renvoie en ce sens à l’article de Charlie Hebdo plus haut sur les violences du 8 mars et à un autre article paru cette fois dans le Charlie Hebdo du mercredi 10 mars : entretien avec Kathleen Stock, universitaire prise à partie outre-manche pour la dénonciation de ces problèmes dont je mets un extrait ci-dessous. D’autre part, on parle ici d’hommes se disant femmes qui voudraient en réalité s’imposer aux autres femmes.

Entretien complet et très intéressant à lire dans le Charlie Hebdo du 10 mars 2021.
Vous imaginez Duane Vermeulen qui se reconvertirait en femme, même après 1 à 2 deux ans de traitement… il serait trop supérieur physiquement aux femmes

L’autre point d’achoppement est incontestablement en matière sportive où les transgenres hommes voudraient pouvoir concourir sans problème dans les compétitions féminines. Les études récentes montrent que les transgenres qui ont effectué leur transition après la puberté (traitement hormonal) conservent une masse et une force musculaire qui seront supérieures en cas d’entraînement professionnels, aux femmes biologiques. A ce titre, World Athletics -fédération internationale d’athlétisme- (ancienne IAAF) a encore fait baissé le taux de testostérone maximal autorisé par les athlètes féminines en le faisant tomber de 10 à 5 nmol/L. Ce qui a également eu pour conséquence d’empêcher Caster Semenya, femme atteinte d’hyperandrogénie et en réalité intersexe, de défendre ses titres mondiaux (et olympiques) sur 800m puisqu’elle refuse de prendre un traitement hormonal. Un autre sport a carrément du prendre une décision sur la participation des transgenres hommes devenus femmes : le rugby. En effet World Rugby en 2019 a décidé qu’ils ne pouvaient participer aux compétitions internationales, que le risque dans un sport de contact était trop grand pour les femmes.

Au Etats-Unis, de plus en plus le débat porte également sur le sport scolaire, où les trans femmes font l’objet par des états d’interdiction de concourir dans la catégorie féminine des épreuves sportives. Non seulement le traitement hormonal n’est pas forcément actif, mais en plus le risque est qu’en acceptant cela, les jeunes transgenres mettent les filles et jeunes femmes sportives dans des situations d’échecs constantes avec le douloureux rappel de la supériorité physique masculine. Ce serait une grave violation de l’équité sportive pour une sombre histoire de droit subjectif à se définir de manière genrée.

La notion de parentalité également est remise en question à travers les revendications transgenres. Les maternités britanniques ou du Québec (c’est quand même plus prononcé chez les anglo-saxons pour le moment ces revendications) ont introduit un langage neutre pour ne pas froisser les parents transexuels.

Au Royaume-Uni, les hôpitaux universitaires de Brighton et Sussex mettent en place une modification du langage dans les maternités pour faire disparaître ce qu’ils estiment être de la « transphobie traditionnelle ». Ainsi, devant un public trangenre ou non binaire, les sages-femmes sont invitées à remplacer l’expression « lait maternel » par « lait humain » ou « lait de poitrine ». Pour ne pas blesser les personnes dont l’expression de genre n’est pas en adéquation avec l’identité de genre, les mots « père » et « mère » sont remplacés par « parent » ou « personne ». Et puisqu’on n’arrête pas le progrès, le « service maternité » s’appelle désormais le « service prénatal ».

En revanche en 2019, la justice britannique a refusé le statut de père à une FtMs (female-to-male sexual) qui avait eu un traitement de fertilité pour porter et mettre au monde l’enfant avec son compagnon, possédant encore ses organes féminins (vagin/utérus). Nous assistons donc à des demandes visant à balayer le sexe biologique, incontestable au regard de l’évolution, pour des raisons d’identification de genre et de prouesses médicales.

Être une ‘mère’ […] est le statut accordé à une personne qui subit le processus physique et biologique de porter un enfant et d’accoucher”, a écrit le juge Andrew McFarlane de la Haute Cour de Londres dans ses conclusions. “Il est maintenant médicalement et légalement possible pour une personne, dont le sexe est légalement reconnu masculin, de devenir enceinte et donner naissance. […] Bien que le genre de cette personne soit ‘masculin’, son statut de parent, qui découle de son rôle biologique dans la naissance, est celui de ‘mère”, a-t-il précisé.

parent.fr

Mais le plus dangereux est à mon sens la perte de repères dans la construction de l’enfant, qu’il soit jeune enfant ou adolescent. L’identité biologique n’a pas a être balayée d’un revers de main par une théorie du genre qui, comme dans certains pays dès le plus jeune âge, explique que la liberté de choix du genre est absolue (pays anglo-saxons ou la Suède). Les enfants vont devoir alors se chercher beaucoup plus que de raison et sont poussés vers les réseaux sociaux auxquels ils sont accros et ont du mal à s’en déconnecter. Là, ils y trouveront l’activisme LGBT+ et les affres de la Cancel Culture, où s’ils ne rentrent pas dans ce nouveau moule, ils seront dénigrés voire harcelés (pratique miroir de ce que les personnes trans subissent encore). D’autant plus que le questionnement à tendance à disparaître naturellement lors du développement, l’enfant prenant de plus en plus conscience des réalités biologiques de son corps et se l’appropriant.

Les enfants constituent un cas à part lorsqu’on évoque la question des transgenres.
Seule une minorité d’enfants qui ressentent une identification sexuelle inversée la maintiendra à l’adolescence ou à l’âge adulte.

Source : résumé d’étude publiée sur The New Atlantis

Finalement, c’est encore une fois… des hommes qui attentent aux droits des femmes car il faut encore le rappeler, ce sont les transgenres hommes se sentant femmes (très largement majoritaires) qui émettent ces revendications au détriment des femmes et de leurs droits objectifs. Mais au nom du « progressisme » très en vogue sur la question depuis quelques années, on voudrait considérer que piétiner ces droits au profit d’un groupe d’hommes dégenrés en femmes serait tout à fait normal et justifié. Dans le cas contraire, nous sommes de vilains transphobes ou transmisogynes (encore un magnifique mot intersectionnel inventé il y a peu).

Je respecte le choix (ou non-choix si la dysphorie de genre est bien une pathologie, ce qui est normalement le cas) de leur identité à la condition que ce ne soit pas aux détriments des droits des femmes et d’un activisme limite prosélyte. Pour ceux qui le font par choix et non atteints de dysphorie : vous croyez réellement que vous savez ce qu’est une femme, ou un homme dans le cas inverse, sans avoir le matériel génétique pour prétendre l’être ? Le genre n’est pas seulement une attitude socialement convenue et définie comme pourrait le laisser penser les exemples donnés par l’OMS en début d’article. C’est aussi l’expression hormonale dont vous êtes totalement dépourvus même en cas de traitement médical (donc artificiel) et l’expérience d’avoir grandi dans un corps qui évolue avec celle-ci. L’être humain en grandissant prend la mesure de ce corps. Si les intersexués peuvent y prétendre car ils naissent avec des variations et des caractéristiques sexuelles ne correspondant pas aux caractéristiques mâles/femelles classiques. Les personnes transgenres qui se fondent uniquement sur le ressenti, non.

La réalité biologique du sexe, indépendamment de la liberté de choix de vie, laquelle peut avoir des conséquences à assumer, ne doit pas être balayée pour des raisons militantes basées sur des sciences sociales relevant plus de l’idéologie que de la science.

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