La croissance verte : mythe ou réalité ?

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Depuis quelques années maintenant, nous sommes littéralement abreuvés d’un discours en faveur de l’environnement et du climat, aux fins de limiter l’effet anthropique sur son dérèglement. L’article précédent évoquait ce réchauffement global et ses nombreuses conséquences dévastatrices. En causes, les énergies fossiles de notre civilisation thermo-industrielle de consommation. Je ne vais pas revenir sur celles-ci, si vous ne l’avez pas lu, je vous invite à y jeter un oeil.

Puisque les facteurs du dérèglement climatique sont identifiés, même si ça ne plaît pas à certains -non non, je ne cible absolument pas nos amis climatosceptiques ou les majors des énergies fossiles qui luttent contre l’accord de Paris- il faut donc s’adapter. Adapter nos industries et notre consommation. En bref, toute notre économie. Celle-ci est composée basiquement de deux éléments : l’offre, et la demande. Soyons francs, l’offre ne change que si la demande change, sinon c’est le profit immédiat qui est visé. Le champ lexical adopté est donc, depuis plus d’une décennie, fortement imprégné de cet engouement de la part de la population en faveur d’une action climatique. Les médias se sont fait le relais des cris d’alarme lancés par la communauté scientifique et des conséquences directement observables partout dans le monde de notre mode de vie à crédit. En témoigne ce jour symbolique du « dépassement », qui est tombé cette année le 29 juillet. Notre planète est un « système fini » dans le sens où les ressources y sont limitées, nous ne pouvons plus ignorer ce simple paramètre en nous disant qu’après tout, c’est le problème des générations futures. Quel parent un tant soit peu aimant souhaiterait que ses enfants vivent moins bien que lui ? Pourtant… c’est le triste constat de l’attitude de l’espèce humaine depuis les trente glorieuses (1945 / 1975).

Je ne vais pas écrire dans cet article sur tout ce que je pense qui devrait être fait pour limiter les dégâts, ce serait bien trop long pour tenir en un seul billet de blog. Je vais en revanche axer ma réflexion sur l’orientation économique de substitution, qui est celle obtenant la plus grande part d’adhésion des gouvernants et des populations : la croissance verte.

1 – Les contours de la croissance verte

Busan – ville de Corée du Sud et centre économique et culturel – un des 10 plus grands ports économiques du monde

Alors concrètement, qu’entend-on par « croissance verte » ? La version économiquement adoubée est celle de l’OCDE, puisque nous en faisons partie. Pour résumer, et là, je cite directement le lien mis juste avant, il s’agit de : « promouvoir la croissance économique et le développement tout en veillant à ce que les actifs naturels continuent de fournir les ressources et services environnementaux dont dépend notre bien-être« .

Le transport particulier qu’est la voiture est une forte source de GES

Bon en clair et en décodé, il faut réussir le double tour de force de produire plus pour consommer plus, mais sans que ça coûte autant à notre planète d’un point de vue bilan carbone (GES / déforestation-reforestation etc) qu’avec notre façon de faire actuelle. Mais pourquoi « produire plus » vous allez me rétorquer ? Réponse : la population mondiale est en constante augmentation. Nous sommes un peu plus de 7,5 milliards, et les estimations médianes tablent sur 9 milliards en 2050 et près de 11 milliards à l’horizon 2100. Les gens consomment, mais ont aussi besoin de travailler pour cela. Donc il faut produire par le travail, pour consommer et vivre. Car nous sommes très loin de l’utopie de Star Trek où l’argent a disparu de la société civilisée… ce que je regrette amèrement.

J’admets qu’en Europe nous ne le ressentons pas autant qu’en Afrique ou en Asie ce gonflement de la population, même si nous n’en ignorons pas les effets non plus, de la problématique des retraites aux flux migratoires. La demande de consommation croissante va donc de pair avec ce simple bilan comptable. Et ce d’autant plus que les pays en voie de développement s’équipent en nouvelles technologies et infrastructures, car elles ne veulent pas rester à la traîne des pays développés. Ce sont donc de nouveaux consommateurs, et donc autant de marchés à conquérir pour les compagnies commerciales, y compris les nôtres.

Pour produire plus tout en réduisant notre empreinte carbone, la croissance verte table principalement sur la transition énergétique vers les Energies Renouvelables – EnR pour aller plus vite-. Elle table aussi sur le « dématérialisé » (et j’y inclus le télétravail), la transformation du parc automobile mondial en supprimant le diesel (court terme) et les énergies fossiles (moyen terme), ainsi qu’un retour à une industrie agroalimentaire un peu plus respectueuse de l’environnement. Car, il faut le souligner, la croissance verte doit être couplée au développement durable, l’OCDE ne l’ignore pas totalement. Contrairement à certains de nos dirigeants… n’est pas Trump et Bolsonaro ? Un mot d’ordre à retenir : il est nécessaire de construire des structures pérennes et locales en lieu et place du provisoire/à remplacer, bref du jetable, maître mot de la société de consommation.

À ce titre, il faut bien entendu, arrêter l’appauvrissement des sols avec une multitude d’intrants bien souvent dispensables et qui produisent des effets néfastes. Ils détruisent non seulement les nuisibles (encore que… ceux-ci y résistent après plusieurs générations par le biais de la sélection naturelle, n’est-ce pas ?), mais également la faune utile. Je ne vais pas faire le procès des néonicotinoïdes tant il y aurait à dire, ici, mais les pollinisateurs sont en danger et par jeu de cause à effet, nous aussi.

La vente en vrac revient à la mode

Des choix sociétaux sont déjà engagés par diverses mesures, comme l’orientation vers du télétravail, plus de dématérialisation au lieu de couper du papier. Le gain dans les métiers de bureau est double : réduction des besoins en espace linéaire pour le stockage des archives ou des dossiers, ainsi que la limitation de l’utilisation des véhicules dans des villes étouffées par leur propre pollution. Dans l’agroalimentaire, il y a également une bonne prise de conscience sur l’huile de palme, très fortement liée à la déforestation, qui prend bien et que réclament de plus en plus de consommateurs (pas chez tout le monde ceci dit, n’est-ce pas Ferrero – Nutella ?). À la liste s’ajoute aussi la chasse aux emballages plastiques qui est ouvertement déclarée, même si les vieilles habitudes ont la vie dure.

Les politiques européennes s’orientent aussi vers une amélioration du niveau de l’isolation thermique des bâtiments (moins de chauffage). En parallèle, les sources alternatives quasi-autonomes de production électrique individuelles se développent, telle la géothermie lorsque c’est possible ou les panneaux photovoltaïques sur les toitures. Bref, voici les grands axes et économiquement, ils sont sensibles, car pourvoyeurs d’emplois. Les gouvernements et les grandes firmes essayent donc de s’adapter, en orientant la production vers les EnR ou les énergies propres comme les biocarburants.

La véritable question se pose alors : est-ce la bonne solution ? À ce petit jeu, du pari sur l’avenir d’une telle orientation économique, il y a deux camps très polarisés qui ne se comprennent pas. Bon, je l’admets, il y a trois camps si encore et toujours, on se retrouve obligé de considérer que le climatoscepticisme est une opinion -presque- comme une autre sur la question… Mais franchement, on peut s’en passer. Une fois cela dit nous avons les optimistes de la croissance verte d’un côté. Tandis que de l’autre, se trouvent les plus sceptiques quant à sa réelle efficacité pour atteindre les objectifs de la COP21 et donc d’arriver à terme à la neutralité carbone.

2 – L’erreur de langage : une croissance propre avec une énergie propre

L’éolien et le photo-voltaïque, symboles des EnR

Par définition, peut-on réellement faire une croissance « propre » ? Du moins avec nos connaissances scientifiques actuelles et notre rapport à l’énergie limité par nos besoins énormes, auxquels seuls les hydrocarbures peuvent répondre ? Je pense qu’il faut, avant d’attaquer les autres axes susmentionnés, aborder la question énergétique. Car sans elle, les autres axes seront de toute façon inapplicables.

Je vais être très clair, et je vais me focaliser sur les panneaux solaires, mode de production électrique le plus porteur économiquement. Même si nous augmentons les capacités desdits panneaux, leur rendement réel, leur durée de vie rendent leur coût carbone en réalité « assez » élevé. Pour la question de l’efficacité, il faut aborder la question du facteur de charge moyen, pour faire simple il s’agit du rapport entre la pleine puissance d’un type de production sur une période et la valeur réelle de production sur cette période. Si vous avez cliqué sur le lien, vous vous apercevrez que le score des EnR est très inférieur à celui d’une centrale fixe. La raison est évidemment liée aux impératifs climatiques (pas de soleil, pas de vent, pas assez d’eau par exemple) couplés aux capacités de stockage de l’énergie. Sur ce point, il faut le reconnaître, nos capacités sont assez médiocres. Par conséquent, même si l’été le solaire peut produire très correctement, le surplus risquerait de saturer le réseau et il faut donc le couper de ce dernier. Vous ne pouvez pas balancer de l’électricité sans qu’elle soit consommée sur un réseau.

La ferme solaire de Cestas en Gironde

L’autre question qui se pose c’est le coût réel, celui du carbone, de construction des EnR pour remplacer tout le parc des centrales en activité. Une centrale, c’est du métal, du béton et bien sûr de l’électronique. Besoins invariables, que l’on soit dans le cas de figure d’une centrale thermique ou nucléaire, la centrale nucléaire sera plus grosse et plus avancée technologiquement (donc plus de besoins en terres rares pour l’électronique de pointe et métaux dont le cuivre conducteur – j’y reviens après -).

Cette dernière demandera également plus d’entretien, car elle répond à des normes drastiques. En France, l’Autorité de Sûreté du Nucléaire s’assure du respect des normes et donne l’autorisation ou non de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Initialement, elles sont construites pour 40 ans, mais elles sont plutôt prévues pour minimum 60 ans (l’ASN vient de renouveler encore les plus vieilles centrales de 40 ans) et peuvent être prolongées sans trop de soucis jusqu’à 100 ans selon une étude menée par l’autorité américaine sur le nucléaire.

Abordons le cas des panneaux photovoltaïques. Leur construction nécessite du métal pour la structure du cadre et la conductivité (cuivre pour rappel) ainsi que du silicium de qualité électrique pour les cellules photovoltaïques. Celui-ci est fabriqué selon un procédé de raffinage ayant un impact environnemental fort dans des sites classés SEVESO en Union Européenne. Il y a également des terres rares dont l’extraction est un désastre écologique, extraction que la Chine s’est réservée à grand renfort de dumping sur les prix. Ce qui… nous arrange au niveau de l’opinion publique soyons honnêtes : moins cher, et la pollution des sols se fait chez eux. Elles sont contenues dans les batteries et onduleurs (et autres métaux lourds polluants) qui sont impératifs avant que les panneaux soient raccordés au réseau. Chaque ligne de panneau en comporte au niveau de son point de raccordement au réseau général.

Je mets ce rapport basé sur pléthore d’études scientifiques, pour bien comprendre le processus de fabrication du photovoltaïque et son impact environnemental (n’oubliez pas de cliquer !). Mais en substance, ce qu’on peut retenir c’est : durée de vie d’environ 20 à 30 ans maximum, après ils sont à changer. Le coût carbone à la fabrication est donc très lourd pour le PV, mais le bilan total reste cependant positif comparativement à d’autres modes de production d’électricité.

Le comparatif des mode de production énergétique se fait sur le grammage de CO2 en équivalence par kw/h produit. Voici les chiffres :

  • 1000 g CO2-eq/kWh pour les centrales à charbon, 700 g CO2-eq/kWh pour les centrales au fioul et 430 g CO2-eq/kWh pour celles aux gaz
  • 35 g CO2-eq/kWh de moyenne théorique pour le photovoltaïque de type silicium en Europe, mais la configuration réelle a plutôt tendance à osciller entre 60 et 70 CO2-eq/kWh
  • 6 g CO2-eq/kWh pour les centrales nucléaires, même si la configuration réelle en prenant en compte tout l’entretien, l’extraction/acheminement de l’uranium et la construction amène plutôt à une moyenne de 20 g CO2-eq/kWh
  • entre 6 et 11 g CO2-eq/kWh pour l’éolien et l’hydraulique, à noter que l’éolien offshore a un bilan moins bon alors qu’il produit plus en raison de son entretien plus fréquent dû à la corrosion du sel marin

Bien, revenons maintenant à la production réelle (incluant donc le facteur de charge) pour finaliser le comparatif. Prenons le top du top en matière de « ferme solaire », la ferme MUTA au Japon. Pour 0.08 km² elle produit environ 3,4 GW/h par an, soit 0,0034 TW/h par an. La centrale nucléaire de Cattenom en France (une des meilleures construite sur environ 4,15 km²) produit 34,1 TW/h par an. Cet exemple est facile, car il s’agit d’un simple multiple de 1000. Oui… il faut 1000 « fermes MUTA » pour produire l’équivalent. Au niveau de la surface, cela représente 19,2 fois la taille d’une centrale nucléaire pour la même productivité électrique. Alors pourquoi un si mauvais ratio ? En raison du facteur de charge.

La centrale nucléaire de Cattenom, photo Claude Parent – Les Echos

Pour aller encore plus loin dans le comparatif et bien comprendre l’importance de ce facteur de charge (qui varie en fonction du climat / saturation réseau), prenons la ferme solaire la plus puissante en France, Cestas en Gironde. Elle doit produire 350 GW/h annuel pour 2,6 km² de surface totale. Les 983 500 modules photovoltaïques composant la centrale proviennent pour leur part de Chine (Yingli et Trina Solar) et du Canada (Canadian Solar). Les trois principaux fabricants mondiaux ont été choisis selon Neoen en raison de leur aptitude à répondre rapidement à la demande davantage que pour une question de coût. L’investissement total du parc s’élève à 360 millions d’euros.
Différents chiffres témoignent du gigantisme de la centrale photovoltaïque de Cestas : ses centaines de milliers de panneaux photovoltaïques reposent sur 16 542 tables métalliques, près de 3 700 km de câbles solaires relient les différents modules entre eux et 24 km de pistes intérieures ont été aménagées pour circuler au sein de ce site.

Toujours après calculs, il faut 61 fermes Cestas pour être équivalent à Cattenom (un peu plus de 38 fois sa surface donc). Soit entre 17 et 21 milliards d’investissements (fourchette basse et haute, basée sur les 360 millions). À titre de comparaison, d’après la SFEN, la construction d’une centrale nucléaire, c’est 1,5 milliard pour 1000 MW, et donc Cattenom, c’est 4 x 1300 MW pour ses réacteurs, soit 7,8 milliards d’investissements (comptons 9 à 10 milliards, c’est du nucléaire, la facture enfle souvent).

Vous l’aurez compris, les EnR sont à prioriser pour remplacer les centrales fonctionnant aux énergies fossiles, en revanche, elles ne peuvent remplacer efficacement le parc nucléaire d’un pays comme la France. Notre moyenne nationale tous types de production confondus, oscille en comptant les variations de consommation, entre 30 et 53 g CO2-eq/kWh. Nous continuons de « décarboner » notre électricité en augmentant la part des EnR dans le mix énergétique. Les pays fortement dépendants du charbon / pétrole ou gaz eux, ont toutes les raisons de se tourner vers le plus fort taux d’EnR possible dans le leur, et pourquoi pas, se doter du nucléaire civil. La fission de l’atome peut être dangereuse, mais c’est une énergie à bas coût carbone, elle peut nous permettre de gagner la course à la réduction des émissions de GES. Il faut bien le comprendre, l’électricité, énergie indispensable à notre mode de vie moderne, ne peut donc être sans contrepartie. Qu’elle soit en termes d’équivalence CO2, des déchets nucléaires ou bien encore de la destruction de la faune locale (centrale hydroélectrique) : elle ne peut être totalement « propre ».

Petit graphique récapitulatif.

3 – Changer de paradigme

Une représentation graphique du « blockchain », technique permettant de donner une valeur aux monnaies numériques, terriblement énergivore

La croissance verte est appelée des voeux de nos politiques européennes et c’est un élément marketing de nos sociétés, mais elle n’est pas sans comporter de nombreuses externalités négatives. Dans la partie précédente, j’ai abordé la simple question de la fabrication du photovoltaïque, mais ce raisonnement vaut pour tous les autres secteurs. Il y a les limites du processus de transformation, inhérent au fait que produire et construire… pollue et émet des GES. De même, le secteur de l’emploi qui semble alléchant électoralement, avec entre 2,4 et 4,6 millions d’emplois créés dans les secteurs de ladite croissance verte, vont détruire ceux des secteurs polluants. Aussi, il est important d’avoir à l’esprit que chaque levier d’action comprendra une contrepartie qu’il faudra atténuer le plus possible.

Exemple d’un data-center

Prenons encore d’autres exemples et en premier lieu un que l’on consomme avidement tous les jours. Le monde est de plus en plus « numérique », et ça vaut pour ce blog également ! Les smartphones sont omniprésents, les consultations de sites web, de contenus via les réseaux « sociaux » ou encore les cryptomonnaies battent leur plein (même si le Libra de Facebook à du plomb dans l’aile en ce moment). Pour cela, il faut toujours plus de puissance. De puissance pour consulter rapidement, mais aussi pour émettre. Les serveurs sont de véritables gouffres énergivores, en particulier pour les refroidir. En juillet 2019, internet représentait à lui seul 4% des émissions d’équivalence CO2 mondiales. Et sa consommation augmente de 9% par an en moyenne. Dépassant déjà l’aviation civile, en 2025, il dépassera le transport automobile mondial avec plus de 8% dans le total de la facture carbone de l’humanité… La raison principale ? L’appétence des vidéos HD (80% du trafic de l’internet global) sur les plateformes comme Youtube, Neflix / Amazone Prime ou les sites pornographiques (oui vous lisez bien), lesquelles représentent à elles seules 90% du trafic des vidéos.

Et il en va de même pour le changement du parc automobile (voiture électrique voire à terme à hydrogène pensez-vous ?), changer les véhicules demande de l’extraction de métal, du traitement, des terres rares, etc. L’hydrogène non plus n’est pas bon en termes de bilan carbone, loin de là. Pour la voiture individuelle, c’est pour l’instant une impasse écologique. En revanche, c’est un procédé, par électrolyse de l’eau, très intéressant pour « stocker » le surplus produit par les EnR type solaire ou éolien. Puisque ça permet de stocker sous forme de « piles » le surplus qui ne peut aller sur le réseau lors des périodes de fort ensoleillement ou venteuses.

Vous l’aurez encore une fois compris, le bilan n’est pas « neutre » et ce n’est pas parce qu’on a une voiture électrique que l’addition carbone est exceptionnelle. Il faut toujours avoir en tête que consommer et donc produire puis transporter (souvent en provenance de Chine, comme ça on triche sur le CO2/habitants/an réel, n’est-ce pas ?) a un coût écologique. C’est inéluctable, on vit et consomme, donc on pollue et émet des GES. Point. Seul le bilan coût de production et amortissement du produit en termes d’équivalence CO2 doit rentrer en compte pour penser « croissance verte ».

Le smartphone doit devenir un produit durable

Cela vaut pour tous les domaines et il est désormais plus qu’urgent de repenser durable, avoir en ligne de mire qu’un achat doit être amorti. Qu’il doit être fait pour servir longtemps et non plus être jetable. Les smartphones à 1000 euros que l’utilisateur change tous les 6 mois à 1 an, ce n’est plus possible. Écologiquement parlant, c’est une hérésie. La « croissance verte » ne peut fonctionner que si nous revenons à une consommation raisonnée et donc raisonnable. Croire que l’on peut continuer d’augmenter la consommation, parce qu’ont été posés des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques, c’est se fourvoyer et prendre des vessies pour des lanternes en ne voyant que l’aspect purement économique et financier.

Ce discours vaut aussi pour l’alimentation. Manger qualitatif, en quantité raisonnable équivaut en apports nutritionnels à manger plus, mais de moins bonne qualité. Le steak que vous achetez en grande surface, d’une vache laitière abattue sans qu’elle ait fait plus de quelques kilomètres de marche dans sa vie au sein d’une ferme, sera pauvre en oméga 3 par exemple. Diverses études comparatives avec la même pièce de viande issue d’un élevage raisonnable l’ont démontré. Et non… pas la peine de devenir végétalien (vegan) pour sauver la planète… ce serait contre-productif, mais j’aborderai le sujet en détail une prochaine fois.

Le mot de la fin ? Sans une forme de décroissance, à savoir consommer plus juste et durable, la croissance verte telle que la souhaiterait les politiques et le monde de la finance est un mythe où le jetable est simplement connoté « vert et écologique ». Un mythe dangereux qui nous entraînera dans le mur, à moins d’en briser un autre, technologique cette fois : celui de la fusion nucléaire. Mais miser l’avenir de l’humanité sur une découverte de cette importance dans les temps… c’est juste con, désolé de le formuler ainsi.

J’en profite pour souhaiter une bonne et heureuse année à tous ceux qui auront le courage de lire cet article en ce début d’année 2020 !

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