Les antivax et autres complotistes, dopés au coronavirus !

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À l’heure où j’écris ces lignes, nous traversons toujours une période de crise à l’échelle mondiale. L’épidémie de covid-19 ayant mis les économies à l’arrêt un peu partout dans le monde et a réussi le tour de force de confiner plus de quatre milliards d’êtres humains en même temps, soit plus de la moitié de la population mondiale. Après le « climax » viral en Europe, le déconfinement est en cours depuis début mai (11 mai en France, avec la deuxième étape qui a débuté ce 2 juin). L’épicentre s’est déplacé, pour petit rappel historique, de la Chine vers l’Europe puis les USA et maintenant est en Amérique latine avec le Brésil en première ligne.

Le virus SARS-CoV2 est encore mal connu à la fois pour ses conséquences à long terme sur l’organisme, sur les formes qu’il peut prendre (il y a de forts soupçons de syndromes de Kawazaki chez les jeunes enfants alors qu’on les pensait « épargnés » par ce virus), mais surtout sur la façon de le traiter. Dans l’article précédent, j’abordais justement sa prévalence, ses origines et les potentielles conséquences de la réponse politique apportée : le confinement. Car en effet, je tiens à le rappeler, si nous n’avons « que » environ 29 000 morts « officiellement décomptés » en France, c’est à dire sans le décompte des morts silencieuses (les morts à domicile) qui devraient en réalité doubler ce chiffre au moins, c’est en raison du confinement déclenché en réponse de la propagation exponentielle de ce virus. Sans cela, il aurait, d’après des projections sérieuses, pu faire entre 250 et 500 000 morts rien que sur notre territoire puisqu’il aurait infecté bien plus de personne que les 5 à 6% estimés à l’heure actuelle.

Les crises de cette ampleur, comme toujours, sont un révélateur des tendances sociétales, car elles mettent à nu les inégalités socio-économiques de nos systèmes, quels qu’ils soient. Mais il y a une chose qui me frappe à l’heure actuelle, c’est la force des courants complotistes et en particulier celui des antivax.

1- Bataille autour de l’origine du virus

Que serait un grand complot mondial sans une volonté de réduire la population via un virus ou une recherche virale secrète à but militaire ? C’est sur cette trame de fond qu’on entend des voix s’élever, des accusations être portées, envers la Chine ou réciproquement les USA (le jeu enfantin du « miroir-miroir non c’est toi ») d’être en réalité le berceau du virus responsable de cette pandémie, et surtout de l’avoir… développé en laboratoire. Il est vrai que le laboratoire de Wuhan menait des recherches sur la famille des coronavirus.

Autre information correcte, le laboratoire de Wuhan est une quasi-réplique du laboratoire P4 Jean Merieux de Lyon et qu’il a été livré quasiment clés en main suite à une longue collaboration franco-chinoise… avant qu’ils ne nous en virent comme des malpropres sans que nous puissions être certains qu’ils respectent à la lettre tous les protocoles de sécurité. Enfin, il est vrai qu’une erreur n’est pas totalement impossible, même si la thèse la plus probable, à l’heure actuelle, reste celle d’une zoonose en raison de la proximité animaux sauvages/humains en milieu humide au sein du marché au vivant de Wuhan.

Si on peut légitimement se poser des questions, et qu’il faut garder une part de doute raisonnable dans une démarche scientifique, il ne faut pas pour autant verser dans le complotisme #noussachons #onnousment. Les rumeurs les plus folles vont bon train, et ce depuis mars-avril. C’est limite un balayage à large spectre à ce stade. On peut trouver du quidam (enfin pardon… un/une influenceur/se, la nouvelle profession débile à la mode du web 2.0) qui véhicule sur son « instagram » que le virus a été créé pour tuer les « plus faible », « réduire le déficit des retraites », « comme un camp de concentration ». (Dafakator est un internaute spécialisé dans le « débunk » en tournant en ridicule dans ses vidéos les complots les plus débiles, soit dit en passant).

On peut également trouver du prix Nobel médical qui déraille (un effet secondaire connu, où on a tendance à tout ramener au sujet qui a valu une très haute distinction pour la petite explication), comme Luc Montagnier, français « COCORICO…. » et nobélisé en médecine qui explique que nous avons à faire face à un virus de laboratoire dérivé du … sida. Ses travaux portaient sur le sida, alors… forcément, c’est une évidence ! C’est vrai que c’est tentant, vu que le SARS-CoV2 affole le système immunitaire des personnes infectés et qu’il peut causer un emballement ou une défaillance de réponse correcte.

Mais surtout… surtout ! nous pouvons trouver des sites spécialisés dans le complotisme (infowars par exemple, cf image titre), et qui optent par l’approche mimétique (notion abordée sur le sujet de l’évolution, 3.2.2) afin de récupérer des thèses et études scientifiques solides pour… mieux les détourner. Avec cette façon de faire, on conteste à la fois l’autorité que représente la science sur des sujets techniques et sérieux tout en s’appuyant dessus pour mieux la discréditer. Malin ! Enfin… en grattant un peu le vernis, un oeil avisé ou un QI pas trop faible s’aperçoit bien vite de la supercherie… D’ailleurs, chers lecteurs, connaissez-vous la différence entre l’astrologie et l’astronomie ? 50 points de QI, elle était facile… je sais.

Revenons à nous moutons, enfin… nos complotistes « médicaux », ils sont à ranger avec leurs petits copains, les créationistes, climatosceptiques ou platistes avec qui ils partagent bien souvent une de ces thèses, quand ce n’est pas la totalité, mais là… on tutoie le firmament. Et comme le formule avec humour Stephan Lewandowsky, professeur à l’université de Bristol :« Un théoricien du complot reçoit [les preuves allant contre ses idées] comme les preuves d’une conspiration plus large (pour créer un gouvernement mondial ou que sais-je) qui implique le gouvernement, la justice, Soros, et toute personne qui a un jour été dans la même queue de supermarché qu’Al Gore dans les années 1970. »

Pour redevenir plus sérieux, je vous propose de regarder cette excellente vidéo de DirtyBiology qui est spécialisé dans les vidéos de vulgarisation scientifique vu son cursus universitaire et en particulier… la virologie. Elle explique justement les causes les plus sérieuses de l’apparition de ce genre de virus.

2- La guéguerre de l’hydroxychloroquine

Que serait un complotisme mondial sur le thème de la santé sans… le vilain méchant Big Pharma ? Pas grand-chose, je dois bien l’admettre. L’hydroxychloroquine, je ne sais même pas s’il faut encore présenter le sujet vu le battage médiatique, particulièrement en France, et que c’est au Pr Didier Raoult de l’IHU de Marseille (COCORICO… bis repetita) que nous devons la polarisation autour de cette molécule. Dès les débuts de l’épidémie de Covid-19, il a présenté une étude portant sur un nombre très limité de patient (une quarantaine), ayant fait avec ce qu’il avait sous la main, montrant que l’hydroxychloroquine habituellement antipaludique ou anti-lupus avéré aurait des résultats dans le traitement de la maladie.

Merci Plantu de nous faire rire

Traitement au début interdit, puis autorisé par décret d’Olivier Veran en France dans les cas les plus avancés sous contrôle médical*, puis interdit de nouveau en raison de l’étude publiée par The Lancet le 22 mai et elle-même mise en doute depuis par ledit journal médical de référence… on peut dire que le sujet déchaîne les passions et divise la société comme jamais autour d’un sujet médical. C’est à y perdre son latin, réellement. Surtout que même l’OMS nous a fait le coup (oui, non, oui…) !

Je mentionnais le contrôle médical (*), tout simplement parce que prendre de l’hydroxychloroquine sans celui-ci, c’est un peu comme jouer à la roulette russe vu les effets néfastes que la molécule peut avoir, selon les personnes et leur état de santé. À ce titre, remercions Donald Trump qui a ouvertement annoncé qu’il en prenait… préventivement. Ah si seulement il pouvait prendre son cachet avec un peu de détergent (dixit ses propos d’il y a quelques semaines en fin avril).

Quoi qu’il en soit, le Pr Raoult se passerait volontiers de certains soutiens de ce genre, même si lui-même est adepte d’une communication… pour le moins spéciale, voire spécieuse à ce stade, mais passons. Ce que nous savons aujourd’hui, réellement… c’est à vrai dire pas grand-chose, et l’OMS a indiqué que les études sur le sujet se poursuivaient d’une part, et d’autre part de nombreux médecins et virologues mènent des essais dits « de randomisation » pour avoir au moins le « simple aveugle » voire mieux, le « double aveugle » nécessaire pour une étude scientifique solide sur le sujet.

Je vous mets ici la définition exacte du procédé pour bien le comprendre : le double aveugle constitue une méthode utilisée dans les essais cliniques pour réduire les risques de biais provoqués intentionnellement ou non intentionnellement lorsque les participants et/ou les chercheurs savent qui reçoit quel traitement (ou un placebo). Par exemple, dans un essai comportant un groupe sous traitement et un groupe placebo, l’insu signifie que les participants ne savent pas dans quel groupe ils se trouvent. Dans un essai clinique en double aveugle, ni l’équipe de recherche ni les participants ne connaissent le groupe auquel appartient chaque participant. Le terme « simple aveugle » s’emploie parfois pour décrire les études dans lesquelles les participants ne connaissent pas le groupe auquel ils appartiennent. Seule l’équipe de recherche est au courant. source

Pour revenir à cette fameuse étude de The Lancet, espérons qu’elle n’ai pas été effectivement falsifiée (une enquête indépendante est en cours pour information), en ayant bidonnée les données brutes pour arrivée à des conclusions qui semblent justes. Le discrédit jeté sur la communauté scientifique serait un véritable désastre dans l’opinion publique.

L’étude publiée sur le Lancet a été retirée, trois des coauteurs n’ayant pu accéder (un comble) aux données brutes fournies par la société de traitement Surgisphère. Le seul n’ayant pas demandé le retrait étant Sapaï Desan, chirurgien et fondateur de ladite société. L’OMS avait déjà relancé, le 3 juin, son essai clinique « Solidarity » sur la molécule et la France devrait faire de même. Le ministre Olivier Véran avait demandé au 3 juin que The Lancet puisse accéder aux données ce qui ne pourra donc se faire et conduira à la reprise de l’étude. Heureusement, la revue référence a au moins réagit très rapidement pour montrer que la véracité des données et donc des conclusions d’une étude restait sa priorité. Retenez bien ceci, on pourrait s’alarmer, hurler au complotisme, habitués que nous sommes à avoir une réponse tout de suite via « Google ». Mais la recherche scientifique n’est pas une recherche Google, et les réponses définitives peuvent prendre du temps pour être trouvées.

Et pour en rajouter une couche… la grande étude clinique « Recovery » menée en Grande-Bretagne vient de conclure en ce 5 juin : l’hydroxychloroquine serait en réalité sans effets. L’étude montrerait que sur 11 000 patients atteints du Covid-19 avec 1542 patients ayant été traités par cette molécule, les résultats seraient décevants. En effet, 25,7% des personnes traitées sont mortes après 28 jours, contre 23,5% de décès sur la même période parmi les patients non traités. Sans tirer de conclusions hâtives sur une surmortalité liée à l’hydroxychloroquine, les chiffres tendent à montrer que les résultats sont dans la même fourchette et que ce n’est pas un traitement plus probant qu’un autre.

Pour être un peu moins négatif, des scientifiques chinois (biologistes et non des virologues) annoncent avoir trouvé un remède potentiel : la production artificielle d’anticorps. L’avantage de cette solution, c’est qu’elle pourrait être déployée plus rapidement qu’un antivirus (18 à 24 mois de recherche en moyenne). Le principe pour faire simple, c’est de dupliquer des anticorps contenus dans le plasma de patients atteints (mais guéris) du Covid-19 et ensuite de l’injecter aux personnes touchées. Au lieu de chercher à rendre toute personne capable de résister au virus préventivement, on utiliserait, avec ce procédé, les cellules des personnes lui ayant déjà résisté en réaction. Le petit bémol, c’est la faible quantité de plasmas immunisés disponibles à l’heure actuelle.

Bon dans les deux cas ça signifie faire des injections. Oh non… les scientifiques vont encore réveiller les antivax !

3- Bills Gates, le nouvel ennemi mondial désigné par les antivax

Nous y voilà, les « antivax » ou « antivaxxers », c’est selon, sont ceux qui refusent les vaccinations. Vous savez, ce procédé inventé par Louis Pasteur en 1881 (contre le « charbon des moutons » puis en 1885 contre « la rage ») et qui nous protège depuis de, pêle-mêle : la variole, la polio, la tuberculose, la rougeole (il n’y a qu’à voir en République du Congo pour un aperçu), j’en passe et des meilleures. Individuellement un antivax n’est pas dangereux, mais en groupe… ils forment de parfaits clusters de propagation des virus.

Je mentionne la rougeole en RDC, mais dans le Grand-Est ou l’Île de France, nous avons aussi une multiplication des cas depuis 2017. C’est quand même moche de tomber malade, voire de mourir d’une maladie infantile dont on a des moyens de préventions efficaces (alors qu’à ce jour aucun traitement n’existe, si ce n’est pour soulager l’enfant à base de lavage nasal et de paracétamol). La variole était (oui était) une maladie infectieuse très contagieuse et responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts par an rien qu’en Europe au XVIII/XIXe siècle. C’est une maladie qui a été vaincue en 1980 grâce à un programme actif de l’OMS à partir de 1958 (vaccination et politique d’endiguement par zone). Le taux de létalité de la variole était de 30% pour les cas « classiques » soit environ 90% des infectés, et 97% pour les cas de varioles plates ou malignes (6 à 7% des infectés). Les chiffres parlent d’eux-mêmes à ce stade. Aujourd’hui, des souches de ce virus sont conservés dans certains laboratoires P4 pour étude. Et tout ça grâce à un vaccin !

Mais alors, pourquoi cette haine des vaccins ? Les raisons avancées sont multiples : complot pour contrôler la population, les vaccins sont responsables de l’autisme (l’autisme est une forme de schéma cérébral lié à des mutations génétiques multiples et à l’épigénétique, pas à un vaccin post-natal bande de crétins), l’aluminium dans certains vaccins est ultra-dangereux etc. On peut même aller jusqu’à l’enlèvement d’enfants ! Comme des tests sont menés tambour battant en raison de la crise du Covid-19, et que les laboratoires les plus avancés commenceraient des tests sur l’humain, les rumeurs les plus folles vont bon train. Sur la page fessebouc, pardon facebook des « Vaxxeuses« , qui a vocation de contrer les élucubrations les plus stupides des tenants de l’anti-vaccination, on peut trouver cette vidéo (française s’il vous plaît) : cliquez, allez-y ça vaut le détour.

manifestation des antivaxxers US

Je considère que vous avez survécu à cette vidéo. Mais pour résumer à l’attention ceux qui auraient (à juste titre) coupé court au visionnage : le gouvernement va envoyer des milliers de fonctionnaires vacciner les enfants dans les écoles, ça va être horrible, tout ça sous l’emprise de Big Pharma et surtout de Bill Gates, le nouveau grand satan qui arrose les médias pour être désigné comme le futur sauveur de l’humanité. Ah oui et j’oubliais, le Covid-19 n’a pas fait tant de morts que ça, les gouvernements ont mis les morts des autres maladies dans le décompte. Personnellement, j’ai lâchement coupé la vidéo vers 5 minutes je n’en pouvais plus.

Bien, le décor est planté, le « supervilain » désigné. Bill Gates. Informaticien de formation, mondialement connu comme étant le co-fondateur de Microsoft, parmi les plus grosses fortunes mondiales (entre la 1ère et la 5eme place) et depuis quelques années rangé des camions au profit de sa fondation Bill et Melinda Gates. Notre philanthrope (enfin, tout est relatif, il donne, mais vu sa fortune, il pourrait faire beaucoup, beaucoup plus) est accusé de tous les maux depuis quelques temps. Les charges retenues par les complotistes, et les antivax en premier lieu par conséquent, vont de « il a planifié la crise du Covid » à « il veut tous nous vacciner pour gagner encore plus de pognon ». Sans oublier les stérilisations forcées en Inde et Afrique, la corruption du système de santé mondial etc.

Le mouvement ne date pas d’hier, il s’étend progressivement depuis des années et se propage comme un feu de paille via les réseaux sociaux. (extrait de l’article pour mieux comprendre les formes de ce mouvement) : « On peut distinguer trois types d’“antivax” », détaille M. Vignaud.« D’abord ce que l’OMS [organisation mondiale de la santé] appelle pudiquement l’hésitation vaccinale, typiquement celle des parents, qui peuvent poser des questions légitimes, mais peut aussi se traduire par une posture d’opposition obstinée. Ensuite, les vaccin-critiques, qui mettent en cause l’efficacité ou la pertinence d’un ou plusieurs vaccins spécifiques. On est alors dans un débat statistique qui se veut rationnel, même si ce mouvement peut très facilement dériver vers des discours proches d’un certain négationnisme vaccinal. C’est l’“antivax” dominant aujourd’hui sur les réseaux sociaux : ce sont des personnes qui ne se disent pas antivaccins, mais qui entretiennent le doute sur tel ou tel vaccin au-delà du raisonnable. Et puis il y a le groupe des “antivax” complotistes purs et durs, qui affirment que les vaccins ne servent à rien, qu’ils sont toxiques ou contre la volonté divine, la nature… Ceux-ci sont minoritaires mais très bruyants au sein du mouvement “antivax”. »

À tel point que même les plateformes (Youtube, Facebook, Amazon) commencent à hausser le ton et à réduire leur visibilité tant leur contenu est dangereux et surtout virulent. Je mentionnais plus haut à l’inverse les « Vaxxeuses », il faut savoir que les personnes de cette page sont régulièrement menacées par des personnes de ce mouvement. Comme tous les mouvements idéologiques extrémistes, ils ont des méthodes qui dépassent le simple débat et la divergence d’opinions.

La crise du Covid-19 est limite du pain béni pour eux, et ils sont réellement « dopés » en raison des tâtonnements scientifiques, des guerres de clochers et de la tempête médiatique que nous traversons où tout le monde intervient sur les plateaux de télévision des chaînes ou émissions d’informations. Lisez, c’est mieux et ça je vous le garantis. La question n’est pas de faire une « diète médiatique », mais de se concentrer sur du contenu de qualité, et non de l’information non sourcée uniquement véhiculée sur des réseaux sociaux, des tribunes d’opinion lacunaires ou des vidéos très courtes d’opinions ayant un argumentaire faible.

En guise de mot de la fin, comme nous sommes proches du dimanche de la fête des Mères, bonne fête à toutes les mamans, et en particulier ma conjointe (et maman toi aussi je ne t’oublie pas !). Sur ce, il est temps d’éteindre la télé/votre ordinateur/votre smartphone « a tchao bonne fin de semaine / bon dimanche ! »

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