Le réchauffement climatique et les phénomènes climatiques extrêmes

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Source : Agence Internationale de l’Energie, elle même reprise par EDF

Le GIEC le martèle, la NASA également et… plus proche de nous l’ADEME ou encore plus simplement Météo-France. Cette dernière nous propose des projections climatiques depuis le rapport Jouzel de 2014 sur son site : d’ici la fin du siècle, notre planète connaîtra inexorablement une hausse globale conséquente des températures moyennes. Une hausse comprise dans une fourchette allant de 2°C à 5°C (voire 6,5°C), selon que l’on soit optimiste sur la volonté des populations mondiales de réduire drastiquement leurs émissions de Gaz à Effet de Serre – GES, ou donc plus pessimiste mais surtout réaliste. Car l’inertie économique est préjudiciable et semble nous entraîner dans le mur inévitablement. La « croissance verte », c’est une utopie économique, mais j’aborderai le sujet en détail dans un article futur.

Je reviens sur ces fameux GES, lesquels sont essentiellement ceux issus de nos industries, de nos productions énergétiques -pour l’électricité et le chauffage-, de nos transports et de notre activité agro-alimentaire. Dans le monde, le poste le plus important et de loin, est celui de la production énergétique. En raison de l’écrasante majorité des centrales électriques de type thermique : charbon / pétrole / gaz, le nucléaire n’étant finalement qu’une petite part de la production mondiale. (cf graphique ci-contre)

Les transports en France sont de loin le premier poste d’émission parmi les cinq principaux, sauf pour les vegans qui oublient soigneusement tout un tas d’émetteurs dans le transport pour le reporter, uniquement sur la production de viande, pratique (oui je sais je glisse un petit tacle au passage, gratuitement) ! Le second poste est l’agriculture, le troisième l’industrie, le quatrième la consommation des ménages et enfin la production énergétique en bon dernier puisque nous possédons le parc nucléaire le plus important du monde. Le nucléaire pouvant être critiqué sur de nombreux points (les déchets et leur traitement en particulier) mais pas sur les émissions de GES ou équivalent CO2.

Pour une bonne compréhension de cette formulation GES ou équivalent CO2, je préfère vous la détailler un peu. Le CO2, tout le monde connaît, issu de la combustion des hydrocarbures, du pétrole en passant par le gaz et le charbon (ou lignite). Mais il y a également les hydrofluorocarbures (14000 fois plus puissants que le CO2 en valeur GES, oui vous avez bien lu) – des climatisations – et autres CH4, c’est à dire le méthane. Le méthane est environ 4 fois plus puissant en terme de GES que le CO2. Il est principalement imputable à trois sources. Tout d’abord les ruminants, on ne rigole pas, mais oui je parle de leurs flatulences… Ensuite le CH4 issu de la fracturation hydraulique dans le procédure des gaz et pétrole de schiste. Un gaz qui est aussi tout simplement le rejet naturel suite à la fermentation stomacale des mammifères et en particulier les ruminants et les humains : en clair et décodé, les flatulences. Enfin, le CH4 est également libéré par la fonte du permafrost en Sibérie, car celui-ci est un véritable puits à carbone géant à travers les âges.

Dans la vidéo ci-contre Alexandria Ocasio-Cortez, élue démocrate, fait dire devant les caméras à deux scientifiques qui travaillaient chez Exxon il y a entre 30 et 40 ans, qu’ils savaient déjà pour l’effet des GES sur le climat, les courbes de projections des documents internes le montrent. Pour avoir une translation de l’échange, vous pouvez la lire ici.

Aujourd’hui, nous ne pouvons donc plus nier le caractère anthropique du réchauffement. Même si certains vocifèrent encore le contraire… Mais qu’ils continuent de hurler, ils seront de toute façon rattrapés par les événements si je puis l’écrire ainsi. Peu de région du monde seront épargnées par ces phénomènes dévastateurs à l’avenir.

1 – Les vagues de chaleurs, les sécheresses extrêmes et les « wildfires »

Photo issue de France 3 régions : la sécheresse du Lac des Landes (2019), promis ce n’est pas une photo prise en Ethiopie !

Chaque année ou presque, depuis le début de cette décennie, est plus chaude que la précédente. Je parle bien sûr de moyenne globale sur l’année, pas uniquement en maximale de chaleur. Rien que sur cette année 2019, la France a battu par deux fois, son précédent record de température maximale lors de l’épisodes caniculaire de juin. Si la conséquence directe du réchauffement global est l’allongement des périodes de fortes chaleurs, l’autre conséquence, un peu moins visible car nous n’en souffrons pas ou peu en tant que particulier, est l’accroissement des sécheresses et des départements touchés par les restrictions d’eau : 88 cette année, un record là encore ! La France, heureusement est un pays plutôt bien irrigué et donc bien pourvu en eau, avec ses très nombreux fleuves et rivières. Donc si nous adoptons une bonne politique de gestion de la ressource hydrique et faisons les aménagements nécessaires, nous devrions maintenir un bon niveau de disponibilité de l’eau sur le territoire.

Mais oui la France souffre chaque été, et plus particulièrement en milieu urbain des vagues de chaleurs. A ce titre, le béton et la politique d’aménagement des villes n’arrangent rien à l’affaire. Nos constructions, routes et bâtiments ont une forte propension à faire de la captation thermique et à restituer la chaleur le soir lorsque la nuit tombe, amplifiant encore de fait, cette hausse des températures. Il n’y a qu’à voir les différences de températures au niveau local entre Paris ou Lyon, et les campagnes environnantes.

D’autres pays sont moins bien lotis que le notre. D’ici à 2100 les vagues de chaleurs mortelles toucheront toujours plus d’êtres humains. Les villes suffoqueront faute de créations supplémentaires d’espaces verts et donc de source de zone de réduction de chaleur aux seins de l’espace urbain. De Moscou à New York en passant par Tokyo et Lagos au Nigéria, les vagues de chaleur n’épargneront personne. Même les pays Scandinaves ont pu goûter à l’effet de la canicule en 2019.

Alors je vois venir d’ici les climatosceptiques la bouche en coeur : « oui mais les canicules, ça a toujours existé ! » Un peu comme le coup de la boule de neige au Sénat Américain ! Certes, bien entendu les petits génies ! Le climat n’est pas quelque chose de linéaire avec des températures prévisibles et lissées chaque jour de l’année en fonction des saisons, et petit secret, l’été il fait plus chaud ! Non, ce qui est marquant, c’est le caractère exceptionnel et qui depuis quelques décennies, se répète.

Ces vagues de chaleur étant plus longues et plus intenses, les sols et les nappes phréatiques trinquent. Les sécheresses extrêmes et la progression de certains déserts sont désormais inévitables dans certaines parties du monde. Ce qui reste à déterminer, ce sera l’ampleur de ce phénomène compte tenu de nos émissions en GES futures. Voici à ce titre une Projection de la NASA (2015) sur l’évolution du risque de méga sécheresse des sols Nord-Américains. Cliquez sur le lien, c’est vraiment parlant et on peut clairement dire que ce n’est pas très rassurant. Il faut comprendre que l’évaporation de l’eau se stock en atmosphère, accentuant encore l’effet de serre. Le hammam, ça ne vous dit rien ?

Un feu californien – photo New York Times

D’autant plus que cet air sec en surface et ces sols pauvres en humidité entraînent des feux de forêts massifs. Nous avons eu, encore cette année, des feux gigantesques au Portugal. Phénomène moins courant, avec la vague de chaleur, en Suède, les forêts brûlent aussi. La Russie quant à elle, a même du faire intervenir l’armée et avait accepté le principe d’une aide américaine tant la situation a été compliquée à gérer et problématique pour l’environnement à tous points de vues : biodiversité, ampleur des dégâts, pollution atmosphérique et bien entendu rejet de CO2.

Le continent américain n’est pas en reste et comme en 2017 et 2018, les « wildfires » comme ils les nomment outre-atlantique, ont fait des ravages sur la côte ouest. Mais globalement, quand même bien moins que les deux années précédentes. Fait notable et expliquant en partie cette meilleure maîtrise, l’administration Trump a cette fois très vite réagit aux demandes de l’état californien, alors qu’habituellement, il y a sans cesse des passes d’armes entre le locataire de la maison blanche et le gouverneur démocrate. Le Brésil a lui connu de très nombreux et destructeurs feux de forêts, mais là, l’activité humaine est à mettre en relation encore plus directement que les GES. La politique du président Bolsonaro, favorable à la déforestation pour la culture, entre autres, d’huile de palme, ne peut être écartée d’un revers de main populiste. De l’autre côté du globe en cette mi-décembre, c’était l’Australie qui suffoquait de ses feux de forêt, et aujourd’hui, à la date de publication de cet article, l’état d’urgence est déclaré dans la région de Sydney.

Mais la hausse des températures n’amène pas que des modifications sur ce qui est le plus élémentaire. Il existe aussi une sorte de « revers de la médaille », et le climat est un enchevêtrement de mécaniques complexes qui interagissent entre elles. Aussi, avoir des étés (voire des printemps et automnes) bien plus chauds aura un impact sur la pluviométrie, qui ne sera pas uniquement revue à la baisse contrairement à ce que l’évidence pourrait prêter à penser.

2 – Les « ouragans », « bomb-cyclone », moussons et autres épisodes méditerranéens

Photo nbcnews – Les « Bomb-Cyclones » hivernaux déchaînent d’énormes tempêtes de neige. Noyant en quelques heures une ville et coupant les foyers d’électricité

L’Amérique du nord (côtes est et ouest), l’Amérique centrale et les îles de l’Atlantique (y compris nos DOM-TOM) sont des régions d’une extrême violence climatique saisonnière. Les chaleurs de l’été, croissantes sous l’effet des GES, entraînent une élévation de la température des océans. Eh oui, c’est mécanique, puisque qu’une grande étendue eau, même si elle se réchauffe ou se refroidit plus lentement, ne peut ignorer le réchauffement climatique global. Régulateur dans un premier temps, elle peut devenir par la suite la source de phénomènes naturels dévastateurs. De cet échange thermique et de l’évaporation dans le cycle de l’eau (voir le récapitulatif de la NASA en lien) se forment les ouragans qui frappent la côte Atlantique en septembre sur la fin de l’été. Le Pacifique est également touché par ce phénomène qui se forme dans la zone entre les tropiques et l’équateur au dessus des océans. Ils peuvent porter différents noms selon les zones du monde où ils frappent (typhons en Asie, cyclones en Afrique ou en Europe).

Schéma de formation d’un cyclone ou ouragan – source Météo-France

Les ouragans (je vais garder ce terme) constituent une très forte concentration de condensation qui tournoient autour d’un axe centrale (« l’oeil du cyclone »), les vents au centre, sont ascendants/descendants en raison de l’échange de pression entre l’air chaud (ascendant) au raz de l’eau et l’air frais en atmosphère (descendant). En s’éloignant de l’oeil, les vents se font alors tournoyants autour du moyeu et vont atteindre de fortes vitesses. Convergents au niveau de la mer (chauds et humides), ils sont froids en altitude et l’air y est évacué vers l’extérieur. Le schéma ci-contre est assez simple et permet de comprendre la formation de ce phénomène climatique.

C’est sur la base de ces vitesses que sont classés les ouragans selon l’échelle de Saffir-Simpson. Katrina (2005), Irma (2017) ou encore Dorian (2019) lequel a ravagé les Bahamas, étaient de catégorie 5 – catégorie maximale. A ce titre, ils comptaient des vents à plus de 251 km/h. Avec une telle force, non seulement le vent arrive tel un mur qui fracasse tout sur son passage, mais lorsque l’ouragan touche les terres, il déverse alors des trombes d’eau, noyant littéralement les zones impactées. De plus, ces forts vents poussent les vagues, ce qui crée des marées de tempêtes avec des hauteurs pouvant atteindre plus de 4 mètres. Ces dernières qui pénètrent les terres en balayant tout sur leur passage, constituent la principale menace mortelle d’un ouragan.

Irma par exemple, avait fait 134 morts directs sur l’ensemble des pays touchés (90 rien qu’aux seuls Etats-Unis) pour près de 70 milliards de dollars de dégâts. Bonus : pour une fois, les acteurs des grands marchés économiques avec les « Cat Bonds » ont une utilité, certes ils spéculent, mais cela permet de couvrir une partie des risques.

Bien, maintenant après la version estivale, imaginez la version hivernale. Les vents sont « un peu » moins forts en général (bien qu’ils puissent être entre 150 et 200 km/h), mais les précipitations elles, sont égales. Nous obtenons alors ce qui est communément appelé par les spécialistes un « Bomb-Cyclone » ou « bombogenesis » et qui arrive désormais presque chaque année à la période de Thanksgiving chez l’Oncle Sam. Des villes entières, sans compter les campagnes, sont alors recouvertes en quelques heures de plusieurs dizaines de centimètres de neige, paralysant toute activité humaine (annulation des vols aériens, coupure des transports terrestres et ferroviaires) et privant des centaines de milliers de personnes d’électricité. Moins « mortelles », ces tempêtes sont quand même lourdes de conséquences matérielles et économiques.

images d’un épisode méditerranéen – source C-News

L’autre phénomène de précipitations extrêmes concerne essentiellement les pays d’Asie du sud-est (Inde, Bangladesh et Thaïlande en particulier) ou encore les côtes méditerranéennes. Alors vous allez me dire, « pardon, quel rapport entre les deux » ? Si je vous dis : mousson, tout le monde ou presque connaît. C’est la saison des pluies et qui est attendue chaque année avec de plus en plus d’impatience (en particulier en Inde vu les sécheresses qui s’amplifient). Et si je vous dis épisodes méditerranéens ? Eh bien c’est le même principe, des pluies concentrées sur une petite période de l’année, sauf que parfois les vents sont très forts, mais surtout les plus diluviennes. Cette année, en fin novembre, plusieurs départements on connus l’équivalent de 2 à 3 mois de précipitations en moins de 48h. Le pourtour méditerranéen ont connus un nouvel épisode lors du week-end du 1er décembre 2019, avec le Var et les Alpes-Maritimes placées en vigilance rouge.

Il ne faut pas croire que l’Afrique est un continent épargné. Le 4 décembre, l’Est du continent a souffert d’intempéries violentes. Rien que le Kenya fait état d’un bilan de plus de 120 morts avec le passage d’un cyclone formé dans l’océan indien. Dans cette région du monde, le phénomène de formation se nomme dipôle. Il peut être « positif », en ce cas il entraîne de fortes pluies en Afrique et une sécheresse en Australie (voir les feux abordés ci-dessus, en corrélation directe), ou « négatif » et c’est alors le scénario inverse. Dans les pays en voie de développement, les conséquences du réchauffement climatique sont encore plus importantes avec un bilan toujours plus lourd, du fait des normes moins strictes (même si chez nous on contourne parfois allègrement les dites normes) et de politiques d’urbanisation chaotiques.

Les chaleurs et les précipitations extrêmes ont pour conséquence d’exercer de fortes contraintes sur nos sociétés. Ces phénomènes sont naturels, mais je préfère le répéter, ils se retrouvent amplifiés en fréquence et en intensité. Il faut alors s’adapter, réparer, déplacer et souvent… pleurer de nombreux morts. Mais à mon sens, le pire n’est pas le plus visible. Ce qui risque d’amener les plus grands bouleversements du monde de demain, c’est ce qu’on appelle, le stress hydrique.

3 – Le stress hydrique, enjeu majeur du monde de demain

La fonte des glaces, naturelle en été, progresse, s’amplifie et bouleverse l’écosystème

Sous cette terminologie un peu obscure pour quelqu’un qui ne s’intéresse pas à la question, se cachent une réalité somme toute simple. L’eau douce ne représente qu’entre 2,5 et 3% de l’eau disponible sur Terre. La chaleur va entraîner une baisse logique de la quotité disponible dans certaines parties du globe. Dans la première partie de cet article, il a été question de sécheresse notamment. Eh bien il existe des zones dans le monde où ces « super-sécheresses » vont avoir des conséquences plus que dramatiques à moyen terme.

Un quartier de la ville d’Alep avant, et après le conflit

Trois zones dans le monde sont de véritables poudrières climatiques en raison de ce stress hydrique. Il y a tout d’abord les deux zones déjà visiblement déstabilisées par le phénomène, même si, médiatiquement parlant, les conflits qui y ont lieu sont souvent réduits à des enjeux géopolitiques liés au terrorisme islamique. Je ne nie pas la réalité de l’islamisme obscurantiste d’un ISIS (Daech) en Syrie et Irak ou de Boko-Haram au Sahel en Afrique. Mais il faut bien comprendre qu’il y a un terreau fertile à cette recrudescence de la radicalité religieuse. Le stress-hydrique fait effet de catalyseur, les conditions étant plus difficiles, les peuples se tournent alors vers… la religion, et bien sûr… la version la plus rétrograde. Les deux premières zones sont donc le Moyen-Orient, et le Sahel.

Le conflit syrien est presque un cas d’école. Derrière le jeu d’influence entre l’Iran et l’Arabie Saoudite et par extension la Russie et l’OTAN sur la zone auquel on a assisté sur fond de cruauté du régime d’Assad. Il y a surtout eu, avant le déclenchement de la guerre civile syrienne en 2011, de 2007 à 2010, trois années de sécheresses ayant entraîné d’énormes restrictions d’eau. Attention, le climat n’est pas seul responsable du conflit. Ce n’est pas ce que j’avance, loin de là. Mais ces trois années couplées à la mauvaise gestion de l’eau du pouvoir en place et les discriminations ont été des conditions propices à l’embrasement de la Syrie. Les tensions religieuses ont fait le reste. Par ailleurs, tout au long du conflit, l’eau et son accès ont été instrumentalisés par les différents belligérants.

Une tempête de sable sur la capitale Téhéran – vidéo Euronews

Puisque je mentionnais l’Iran et l’Arabie Saoudite, il faut savoir que cette dernière a fait appel à Veolia (entre autres groupes français) pour moderniser ses infrastructures en gestion de l’eau et ainsi répondre au défit climatique courant des années 2000. L’Iran en revanche n’a pas encore opéré ces grands changements, faute de moyens. Et justement, ce pays, puissance régionale, est en grande difficulté sur le plan du stress-hydrique. Les contestations de 2018 et 2019 sont bien sûr sur liées à la situation économique, mais plus profondément, le sont sur fond de l’accès à l’eau. Le pays est touché à plus de 90% par la sécheresse et la subit depuis environ 15 ans. Les tempêtes de sable, phénomène là encore naturel, sont comme pour le reste, amplifiées par le réchauffement climatique. Il ne faut pas s’y tromper mais si rien n’est fait, l’Iran peut tout à fait devenir la prochaine Syrie. Sauf que là, il s’agit d’un pays avec une grosse capacité militaire régionale, un régime islamiste virulent (celui des Ayatollahs) et 70 millions d’habitants.

Le dernier cas de poudrière liée à ce stress hydrique est à mon sens l’Inde et par corrélation, son voisin le Pakistan avec qui elle est en conflit quasi-ouvert pour la région du Cachemire à base de tensions religieuses (là encore). Ce pays qui est bientôt le plus peuplé du monde, devant la Chine, est très fortement dépendant de la saison des pluies (moussons). Or celles-ci sont à la fois plus violentes, mais aussi plus tardives et courtes dans la durée. De nombreuses régions de l’Inde souffrent d’un manque d’eau important entraînant des émeutes et l’intervention de l’armée pour garder les quelques puits encore capables de pourvoir des besoins vitaux en eau. Cette dernière est parfois acheminée par train d’un état à l’autre pour alimenter des villes assoiffées. Le plus inquiétant, si jamais la situation devait exploser comme en Syrie, c’est que l’Inde, comme le Pakistan, possèdent l’arme nucléaire…

Vidéo très parlante de la NASA sur la fonte des glaces de l’Arctique

Pour finir, je voudrais aborder la fonte des glaces et la montée des eaux à l’horizon 2100. Lesquelles ne font plus de doute désormais. Les modélisations des conséquences de la hausse du niveau des océans et des mers sont tellement impressionnantes, que bien souvent de nombreuses personnes préfèrent les ignorer. Mais les peuples des îles du pacifique par exemple, eux ne peuvent se payer se luxe. Ils sont à terme, condamnés et l’ont plaidé presque en vain lors de la COP21. Une étude récente (29 octobre 2019), publiée sur le site de référence des publications scientifiques Nature revoit à la hausse les populations qui seront impactées par cette montée des eaux liée au réchauffement climatique. Environ 300 millions de personnes, dont la très grosse majorité en Asie du sud-est, de l’Inde aux Philippines et bien sûr les îles du Pacifique seront touchées d’ici la moitié du siècle. Je mets en lien l’excellent article paru sur futura-science sur la question, et donc en français. Une autre étude (toujours sur Nature) va encore plus loin et essaye de modéliser sur du très long terme, puisque nous pouvons tabler, si rien n’est fait sur l’émission des GES sur une élévation d’environ 3 mètres par an du niveau de la mer dans le monde. Autant dire qu’au XXIIe siècle, la question d’abandonner les grandes villes jusque là épargnées ou protégées par des digues comme New-York, Londres et même Paris, se posera.

2015-2019 en image – Crédits NASA

Mise à jour 02 janvier 2020 : le rapport commandé par la NOAA (agence américaine d’observation atmosphérique et océanique) sur le réchauffement climatique dans la zone Arctique est tombé ce matin 02 janvier 2020. Pour rappel, l’Arctique est le « régulateur thermique » de la Terre en raison de l’inclinaison du globe terrestre sur son axe, sa couverture glacée permet, par l’effet albédo, de réfléchir une part du rayonnement solaire et de maintenir des température acceptable. Sa fonte aura donc un effet boule de neige difficilement quantifiable, au delà de la montée des eaux. Si vous souhaitez plus de détails en français (le site de la NOAA étant en anglais) et que vous êtes abonnés au Monde.fr, je vous invite à lire cet article.

Mise à jour du 17 janvier 2020 : la NASA et la NOAA ont analysé, de manière indépendante du pouvoir politique, les températures sur cette année 2019, après l’avoir fait sur les précédentes. Dans la vidéo ci-contre sont montrées les zones les plus touchées par ces hausses de température et des phénomènes extrêmes sont mentionnés. Dont les feux récents en Australie, qui ne sont toujours pas terminés après plus d’un mois, la perte estimée d’environ 1 milliard d’animaux (et l’extinction probable de certaines espèces), de 26 personnes sans compter les habitations détruites et enfin de plusieurs millions d’hectares de forêts, tout simplement.

En conclusion ? Ai-je vraiment besoin de développer tant que ça ? Le tableau peut paraître assez noir, surtout avec la dernière partie de mon « exposé ». Mais il faut se rendre à l’évidence, si rien n’est fait à l’avenir pour réduire drastiquement les GES, nous allons dans le mur, et nos sociétés vont être plus que profondément ébranlées par le choc.

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